• La meilleure façon de marcher est celle du flamant rose Diane Ducret

    ©Pauline P

    313 pages

     

    RESUME

    Dans ce roman nous suivons le personnage d’Enaid. L’histoire commence au présent, alors que la jeune femme apprend que son amant du moment la quitte. Ce nouvel incident sera l’occasion pour la narratrice de raconter toute l’histoire de cette jeune femme. De son abandon à sa naissance par sa mère, de son éducation stricte et traditionnelle par ses grands-parents obsédés par l’idée qu’elle ne risque de devenir comme sa génitrice.

    Nous nous rendons compte rapidement que l’incompréhension des siens, la solitude l’ont menée dans des situations plus que périlleuses. Faisant d’elle un petit flamant rose, une adulte certes debout, mais tout de même claudiquante.

     

    CRITIQUE

    Le titre de ce livre m’avait tapé dans l’oeil depuis plusieurs mois. À l’occasion du salon du livre, hop, je l’ai acheté, enfin !
    Je ne m’attendais pas à une telle histoire. Je n’avais plus l’habitude de lire des romans avec des issues et des atmosphères aussi noires, et glauques. En effet, l’histoire d’Enaid pourrait faire l’objet d’une longue psychanalyse.

    J’ai ressenti beaucoup de compassion pour l’enfant du roman, celle qui n’a pas été entendue, celle que l’on a pas écoutée alors que son histoire promettait déjà d’être compliquée avant même d’avoir commencé.

    Ce qui me chagrine c’est que le roman ne permet pas d’ouverture, il ne laisse pas de place à un mieux, il ne donne pas d’espoir aux lecteurs, chose à laquelle je m’étais habituée avec mes habituelles lectures de développement personnel où tout est bien qui finit bien.

    Une fois que j’ai compris que ce ne serait pas un roman qui me donnerait le sourire, j’ai commencé à l’apprécier.
    Nous suivons l’évolution d’une petite fille, école, activités extra-scolaires, première fois, rencontre amoureuse, déménagement, études, tout y est. Et tout est teinté de cette même marque noire. En effet, les erreurs des adultes responsables, la manque d’écoute, l’errance du personnage la mène

    toujours dans des situations plus risquées, ou elle ne prend pas la mesure de sa valeur.
    Une fois adulte, cette enfant continue le même schéma, drogue, partenaire violent et douteux. La loi du Murphy (tout ce qui est susceptible de mal tourner tourne mal) semble être sa doctrine.

    Mais le roman ne se contente pas de montrer, à certaines occasions, il donne des explications. L’enfant qui voyait sa mère comme une star comprend en grandissant qu’elle se prostituait à Pigalle, elle comprend aussi que l’abandon à la naissance est une habitude familiale.

    Ne vous fiez pas à ce titre enjôleur et à cette couleur rose si joviale et douce en première de couverture.

    Ce roman est une petite perle, Enaid est attachante, il est difficile de la quitter à la fin du roman, vous verrez !

     

    PAULINE P


    votre commentaire
  • Tu comprendras quand tu seras plus grande, Virginie Grimaldi

    ©Pauline P

    473 pages

     

    RÉSUMÉ

    Julia, 31 ans, se réfugie dans le Sud de la France, après une succession de drames personnels.
    Dans sa fuite, elle accepte le post de psychologue, dans une maison de retraite, les Tamaris.

    Là-bas, une année s’écoulera.
    Malgré ses réticences, les moments passés là-bas bouleverseront la jeune femme. Ses angoisses, ses peurs, ses doutes, tout sera remis en question par ses échanges avec les résidents de cette maison de retraite. Tous plus attachants les uns que les autres. Cette expérience la fera évoluer, sans doute de la plus belle des manières.

     

    MA CRITIQUE

    Virginie Grimaldi parvient, une seconde fois, à toucher juste.
    On ne peut, je pense, rester insensible aux aventures de Julia, ses souffrances et ses traumatismes, mais aussi ses doutes, et ses joies, bien sûr.

    J’ai particulièrement aimé cette rencontre, ou plutôt ce choc des générations qui a eu lieu au sein des Tamaris.
    Quoi de mieux, pour remettre les choses à leur place, qu’un séjour avec des personnes âgées. Certaines parviennent à faire de cette période de la vie un moment doux et serein, d’autres apprennent aussi à y allier la maladie et les regrets à la douceur de vivre qu’apporte l’expérience du temps.

    En tout cas, le message est à mes yeux merveilleux, et à nouveau très relativiste. Virginie Grimaldi angle ses romans vers le développement personnel, et le cas de Julia n’était franchement pas bien parti, pourtant au cours des chapitres, elle progresse et apprend, ce qui fait extrêmement de bien.

    Les personnages sont tous criant de vérité, ce pourquoi je les trouve vraiment touchants.
    Cela paraîtra sans doute étrange à certains d’entre vous, mais je n’ai pu m’empêcher de verser une petite larme, parfois, car à nouveau, certaines situations raisonnent en moi.

    Grimaldi nous parle des choses de la vie, de choses qui ne font parfois pas plaisir à entendre, et que l’on rend tabou. Pourtant, il y a encore tant à apprendre. Perdre un proche, en faire le deuil, aimer après avoir souffert, ces choses là ne

    s’apprennent pas dans les livres, mais cette auteure là a ouvert la voie.
    Comme dans le reste de ses romans, Grimaldi injecte dans son écriture une pointe de candeur, d’ironie et d’humour qui pimentent ma lecture, et la rendent encore plus agréable !

    Je recommande ce roman à tout le monde, pour la leçon de vie qu’il pourrait vous donner, si vous êtes prêts à la recevoir !


    PAULINE P

     

    CITATION

    “La vieillesse a été inventée pour se détacher de la vie“ p.98


    votre commentaire
  • L'Âge d'Or, Feydaux

     

    Première représentation : 1905
    Où et quand voir la pièce : Théâtre Nesle jusqu’au 27 avril 2019

     

    RÉSUMÉ :

     

    Follentin, aristocrate et père de famille du début du XXème siècle rencontre beaucoup de difficultés. Il vient d’hériter d’une forte somme d’argent, pourtant les difficultés ne cessent de s’accumuler sur son chemin.
    Un soir, trop angoissé, il s’endort alors que sa fille lui lit 
    la Reine Margot, de Dumas.

    Il se réveille alors au XVIe siècle, persuadé d’être fait pour vivre à cette époque.
    Son voyage dans le temps ne s’arrêtera pas là, et, durant ce périple à travers les siècles, le destin ne cessera de le soumettre à des épreuves qui le feront plusieurs fois risquer sa vie, à lui et à sa famille.

     

    MA CRITIQUE :

     

    Lorsque vous voyez cette pièce sans savoir qu’elle a été écrite en 1900, il est très difficile de se mettre dedans, vraiment.
    J’ai été la voir avec un ami, et nous nous sommes de nombreuses fois regardé en se disant que vraiment ça ne prenait pas.

    Pourtant, les situations comiques ne manquent pas. Le concept de l’histoire en lui-même est aussi une belle tentative. Nous nous retrouvons plongé, de manière humoristique, dans des moments clés de l’histoire en suivant les mésaventures du personnage de Follentin.
    De la Reine Margot à l’an 2000, en passant par la marquise de Pompadour, Follentin et les siens ne cesseront d’être mis dans des situations plus improbables les unes que les autres.

    Ce côté « merveilleux » de l’histoire est cependant difficile à accepter pour le public. La petite troupe qui se partageait les rôles au théâtre Nesle y a mis beaucoup du sien, mais les traits des personnages étaient à mon goût exagérément stéréotypés pour certains. Les aristocrates prenaient ainsi tous un ton suffisant et une voix chantante devenant vite insupportable, comme Henri IV ou Louis XV.

    Difficile aussi de comprendre les choix de mise en scène quant à la représentation des années 2000. La pièce a certes été écrite presque un siècle auparavant, mais la représentation elle , et bel et bien actuelle. Alors peut-être serait-il possible de rendre les costumes et les accessoires des personnages un peu moins “faussement futuristes“, sachant que nous sommes en 2019 ?

    Heureusement, l’investissement des acteurs été vraiment beau à voir. L’actrice de Marthe était formidable dans le rôle de la jeune femme bien décidée à arriver à ses fins, dans le respect des siens malgré tout, tout comme sa mère, Caroline.
    L’acteur du frère de le Reine Margot était lui aussi à mourir de rire, dans le style du fils à maman tout aussi colérique et pervers qu’impuissant.

    Il ne manque pas grand chose à cette pièce pour qu’elle plaise au plus grand nombre. J’aurais aimé entrer plus vite dans l’histoire, comprendre plus rapidement qui était qui, qui avait avait quoi comme problèmes.
    Ce genre de découverte reste cependant une belle expérience !

     

    PAULINE P


    votre commentaire
  • Le premier jour du reste de ma vie, Virginie Grimaldi

     

    Le premier jour du reste de ma vie, Virginie Grimaldi

    Nombre de pages : 331
    Date de parution : 2018

     

    RÉSUMÉ :

     

    Trois femmes d’âges et de caractères différents, Marie, Camille et Anne, se retrouvent pour des raisons totalement différentes sur la même croisière intitulée Tour du Monde en solitaire.
    Ces dernières sont à des périodes charnières de leur existence, ce pourquoi elles embarquent toutes trois sur cet immense paquebot, bien décidé à se retrouver en tête à tête avec elles-mêmes.

    Pourtant l’amitié sera plus forte, et elles se soutiendront toutes les trois pour trouver des solutions à leur problématique, et enfin arriver au Premier jour du reste de leur vie.

     

    MA CRITIQUE :

     

    J’ai adoré ce roman, qui traite lui aussi du thème du développement personnel, qui m’intéresse énormément. Au delà de l’histoire, que j’ai trouvée délicieuse, notamment parce que j’y ai vu une identification totale avec l’une des personnage, j’ai trouvé que l’écriture était parfaite, qu’elle soutenait parfaitement cette histoire, pourtant simplissime.

    Je ne connaissais pas Grimaldi, mais j’aime sa vivacité. Ses chapitres sont courts, on en s’ennuie pas.
    Le visuel est omniprésent dans son histoire. Les images que l’on s’imagine sont pétillantes, et surtout qu’est- ce que l’on rit ! Cette écriture est aussi pleine de sarcasmes, d’humour.
    Le fait que 3 femmes, une jeune, une Quadra et une sexagénaire partagent le premier rôle pour des raisons totalement différentes, arrivent à se soutenir malgré leur parcours totalement différents est astucieux ! Aucune lectrice ne peut être laissée sur le bas-côté !
    Je recommande à 100%, pour les trajets en train, pour faire passer le temps plus vite, ce livre est parfait !

     

    PAULINE P


    votre commentaire
  • Ma Reine, Jean-Baptiste Andrea

     

    Titre : Ma reine 

    Auteur : Jean-Baptiste Andrea (réalisateur et scénariste né en 1971)

    Date de publication : 30 août 2017 (aux éditions L’Iconoclaste) 

    Édition lue : Folio Gallimard 

    Nombre de pages : 222

    Distinctions : Prix du Premier roman 2017, Prix Femina des Lycéens 2017 ...

     

    Résumé de la quatrième de couverture :

     

    Été 1965. Shell s’enfuit de la station-service où il a grandi avec ses parents. Sur le plateau qui surplombe la vallée de l’Asse, seuls se déploient le silence et les odeurs du maquis. Une fille, comme un souffle, vient à sa rencontre. Avec elle, tout s’invente et l’impossible devient vrai. Dans l’univers fulgurant de Viviane, Shell ne se sent plus différent. Alors par jeu, par amour, il lui obéit, sans s’apercevoir que son dévouement le conduit bien au-delà de ce qu’il avait imaginé. 

     

    Critique :

     

    Ma critique, c’est plutôt le récit d’une revanche : celle de ce livre et de cette puissante histoire sur mes réticences hâtives. Car malgré les louanges qu’en avait faites une amie, j’ai été un peu rebuté par le caractère en apparence simpliste de l’écriture, d’une intrigue qui ne sait pas où elle va au premier abord … puis j’ai compris. Il ne s’agit pas d’écrire « comme » un enfant « particulier », mais d’aller jusqu’à adopter sa vision du monde, pure, poétique, si clairement dessinée qu’on se demande comment nous n’avons pas pu voir tout cela avant. La façon qu’a Shell de se confronter et d’évoluer dans un monde qui le met à l’écart, de se créer son propre monde avec « de nouveaux yeux » comme aurait dit Marcel Proust. Ce monde créé n’étant pas dissocié de la nature environnante, des êtres et des choses, en témoignent les nombreux passages qui dépeignent la vallée de l’Asse en Province-Alpes-Côte d’Azur, tantôt comme un foyer chéri, tantôt comme un ailleurs rêvé.

    En fin de compte, l’intrigue n’est qu’un prétexte à l’élaboration de l’enfant poète, transi d’amour et d’univers, incapable de voir ce qui l’entoure autrement que dépouillé des artifices sociaux et humains, et ramené à une essence visuelle et sensitive ; Shell voit par tableaux sans le savoir, et Viviane (dont on ne saurait manquer la comparaison avec la Fée Viviane de Merlin, autrement dit la Dame du Lac) est son ultime muse. Son histoire est celle de la naissance d’un artiste, de sa consomption qui l’amène finalement qu’à ne faire qu’un avec ses sens, abolit toute frontière entre ses yeux, son corps et ses mots.

     

    Citations 

     

    « Grâce à Viviane j’étais devenu immense, j’avais touché le ciel d’une main et la terre de l’autre. Le monde avait retrouvé sa reine et c’était grâce à moi. »

     

    « Le soleil s’est levé, poussant un de ces vents chauds qui font parfois croire que l’été revient. Il ne revient jamais. Finalement toutes les saisons mentent. »

     

    « Elle était tellement belle que j’avais envie de me glisser dans sa peau et de devenir elle pour savoir ce que c’était. Puis j’ai pensé que je ne pourrais plus la voir si j’étais dans sa peau, sauf dans un miroir, et que ce serait peut-être mieux si c’était elle qui se glissait dans ma peau à moi. Je ne pourrais pas la voir non plus mais au moins, je pourrais l’emmener partout. »

     

    Guéric


    votre commentaire



    Suivre le flux RSS des articles
    Suivre le flux RSS des commentaires