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    2001, l'Odyssée de l'espace ; Stanley Kubrick (1968)

    2h45

     

    2001, l'Odyssée de l'espace


     

     

    À l'occasion de la version remastérisée par Christopher Nolan pour les 50 ans de 2001, la re(sortie) en salle du film de Stanley Kubrick est un événement majeur pour les amoureux du cinéma. L'occasion pour moi de vous donner quelques points pour aller le découvrir ou le revoir car croyez-moi personne ne peut rester insensible à 2001.

     

    • Tout d'abord parce que 2001 est le film de science-fiction de référence. Si en 1961 Gagarine devient le premier homme à aller dans l'espace, il faut bien avoir en considération que pour le public de 1968, la vision que Kubrick offre du cosmos est à la fois novatrice et époustouflante. Sa technique pour filmer l'espace est encore à couper le souffle en défiant les lois de la gravité.

     

    • Parce qu'il faut absolument que vous fassiez la connaissance de HAL 9000, l'intelligence artificielle la plus réputée de l'histoire de cinéma, ne serait-ce que par sa voix hypnotisante.

     

    • Parce que musique et cinéma sont une recette magique et quand on sait comment le maître Kubrick utilise ou plutôt rend honneur à la musique dans ses films, personne ne peut rester insensible à la musique opprimante de Ligeti et que dire du fameux Also sprach Zarathoustra  de Richard Strauss !

     

    • Parce que 2001 offre à son spectateur la plus grande ellipse du cinéma, ellipse d'environ... 4 millions d'années.

     

    • Parce que l'odyssée proposée par Kubrick est avant tout une expérience à vivre, une expérience cosmique à la fois déroutante et fascinante... Une expérience qui pourra évidement remuer les méninges du spectateur en quête d'interprétation à travers ce voyage métaphysique. Mais que signifie ce fameux monolithe noir ?

     

    En somme, 2001 l'odyssée de l'espace est une référence incontournable du 7ème art. Si certains spectateurs peuvent s'ennuyer de la longueur d'un film qui fait il est vrai fi de beaucoup de dialogues, il est incontestable qu'il faut avoir vu ce monument avant de rejoindre une autre partie du cosmos, inconnue des vivants. C'est donc l'occasion d'aller le voir en salles, ne ratez pas cette occasion !

     

     

    Nathan MULLER

     


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  • Mommy de Xavier Dolan (2014)

    Mommy de Xavier Dolan

    Citation : "Maman, j'voulais juste te dire que j't'aime" (Steve)

    Résumé et critique : Mommy, inscription cristallisée sur le collier que Diane a reçu de son fils Steve, c'est l'histoire de ces deux personnages qui subissent les aléas de la vie dans l'amour et dans l'espoir. En effet, avec d'importants troubles du comportement, Steve ne rend pas la vie facile à Diane, sa mère, pourtant prête à tout pour le bonheur de son fils. 

    Cela semble plutôt difficile avec la violence du jeune homme, tant verbale que physique, qui semble les déchirer chaque fois un peu plus. Pas facile non plus quand il s'agit de le faire grandir, à travers la haine des échecs et le défi que représente pour lui chaque apparition dans un lieu public. Le quotidien des deux personnages vacille donc entre crises de nerfs, de larmes, moments d'euphorie et moments de tendresse.

    Car oui, le film de Dolan nous montre également l'amour d'une mère pour son fils et l'amour d'un fils pour sa mère de façon très touchante. Bien souvent, les protagonistes se retrouvent filmés côte à côte ou bien de très près, de façon à nous faire ressentir leurs plus fortes émotions. Au-delà du malaise et des difficultés à exprimer leurs sentiments, les deux êtres tentent en effet de se montrer de l'importance l'un pour l'autre. Cela se fait par le biais de l'apparition d'une certaine possessivité, mais aussi par des démonstrations plus que maladroites de ce sentiment, qui se font toujours avec une certaine violence, comme par exemple la prestation musicale de Steve. Se constitue également un trio avec la voisine, qui, très affectée par la mort de son propre fils, vient bénévolement en aide au jeune homme et se lie d'une amitié incroyable avec Diane, se trouvant pourtant à son opposé.

    C'est donc à travers des cris, des pleurs et des coups que les trois êtres vont mutuellement se découvrir, grandir, évoluer et permettre aux autres d'évoluer ... jusqu'au déchirement.

    En fait, ce trio remporte un bon nombre de batailles, mais la vie finit toujours par les rattraper. Cependant, nous retiendrons cette note rêveuse, énoncée par Diane lors de son adieu à sa voisine Kyla : « Dans le monde y'a pas beaucoup d'espoir, tu sais? Mais moi, j'aime à penser qu'il y a beaucoup de gens et beaucoup d'espoir ».

    Je le recommande d’abord à toutes celles et ceux qui ne l’ont pas vu ! Ce film représente une vraie leçon de vie, une « claque » comme on dit, et une parenthèse d’amour.

     

    Maud.


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  • Monsieur & Madame Adelman par N. BedosTitre : Monsieur & Madame Adelman

    Réalisateur: Nicolas Bedos

    Année de sortie : 2017

    Durée : 2 heures

     

     De quoi ça parle ?

    Victor (Nicolas Bedos), un jeune écrivain voit sa vie basculer lorsqu'il rencontre Sarah (Doria Tillier), une étudiante en Lettres Classiques. Commence alors une relation mouvementée entre deux êtres amoureux de l'écriture et de l'humour (noir parfois). Histoire d'amour donc mais qui s'effectue dans un flash-back car la scène d'ouverture correspond à l'enterrement de Victor. Un jeune journaliste interroge alors la veuve sur son mari, Sarah devenant ainsi la narratrice de cette mystérieuse et passionnante relation d'amour de près d'un demi-siècle.

     

    Ma critique

    Sans être particulièrement fan de Nicolas Bedos et si l'intrigue à première vue semble on ne peut plus banale, le film est une très bonne surprise. Il parvient rapidement à conjuguer un humour décapent et une émotion intelligente. Ainsi, le rapport parents/enfants est par exemple très intéressant dans la mesure où il s'écarte complètement des façons de représenter les enfants dans les films. Mais je ne vous en dis pas plus. Quoi qu'il en soit il y a un regard critique qui se fait sur la société avec une dose d'humour magnifiquement contrôlée et cela se voit dans les dialogues écrits par Bedos lui-même qui sont d'une intelligence et d'une verve incroyable. En ce sens, en jouant un écrivain (fictif), la littérature est évident au premier plan de ce film mais là encore d'une manière originale qui parvient à associer humour et émotion en voulant reconstruire le parcours littéraire de Victor Adelman, de ses premiers romans, à la consécration du prix Goncourt jusqu'à l'entrée à l'Académie française.

     

    L'autre enjeu du film est celui de l'amour, de la relation entre Sarah et Victor. Cette relation est je trouve magnifiquement traitée avec un accent particulier sur la jalousie qui ferait rougir Charles Swann. Les va-et-vient, les soubresauts de la relation viennent enrichir le parcours d'écrivain de Victor où amour et écriture deviennent très vite indissociables.

     

    On ajoutera une prestation remarquable de Doria Tillier pour son premier grand rôle et des prestations convaincantes des acteurs secondaires comme Pierre Arditi qui fait une petite apparition dans le rôle du père de Victor.

     

    En somme, ce film est d'une véritable sagacité d'écriture. J'ai n'ai pas vu le temps passé et l'histoire de ce « tourbillon de la vie » pour reprendre la sublime chanson de Jeanne Moreau s'est écoulée avec beaucoup de finesse et de sincérité. Pour un premier film, Nicolas Bedos frappe donc très fort !

     

    Ma note :

    Monsieur & Madame Adelman par N. Bedos/5

     

    Nathan Muller


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  • Marvin ou la belle éducation, Anne FontainTitre : Marvin ou la belle éducation

    Réalisateur : Anne Fontaine

    Date de sortie : 22 novembre 2017

    Durée : 1h53min

     

    Synopsis (AllôCiné) :Martin Clément, né Marvin Bijou, a fui. Il a fui son petit village des Vosges. Il a fui sa famille, la tyrannie de son père, la résignation de sa mère. Il a fui l'intolérance et le rejet, les brimades auxquelles l'exposait tout ce qui faisait de lui un garçon «différent». Envers et contre tout, il s'est quand même trouvé des alliés. D'abord, Madeleine Clément, la principale du collège qui lui a fait découvrir le théâtre, et dont il empruntera le nom pour symbole de son salut. Et puis Abel Pinto, le modèle bienveillant qui l'encouragera à raconter sur scène toute son histoire.

    Marvin devenu Martin va prendre tous les risques pour créer ce spectacle qui, au-delà du succès, achèvera de le transformer.

     

    Ma critique :

    « Ce n'est pas ce qu'on est qui compte, c'est ce qui est au fond de nous. »

    Tels sont les mots prononcés par l'angélique Madeleine Clément au jeune Marvin, joué par le talentueux Finnegan Oldfield. Ils paraissent simplets, ces mots, mais ils font tellement de bien, à l'instar du film d'Anne Fontaine, lui-même inspiré d'En finir avec Eddy Bellegueule, le roman autobiographique d’Edouard Louis, paru en 2014.

    Les plus amers avanceront que ce film est bourré d'attendus, et que si l'émotion est présente, elle est surtout évidente. Il n'empêche que la force de ce film est immense. Le théâtre se fait à la fois échappatoire pour Marvin, décor, composante du film et même essence de celui-ci, avec des plans remarquables pris lors du seul-en-scène ou même dans la petite maison des Bijou. Le rythme rendu dynamique par les flash-backs permanents nous porte de bout en bout, en même qu'il fait état de ruptures et de continuités dans la vie de Marvin.

    Les thématiques (identité, homosexualité, milieu social, création théâtrale, recul sociologique ...) se mêlent, s'entrechoquent. Cette effervescence traduit la complexité de la recherche de son identité lorsque l'on est pris entre les tensions, les clivages sociaux, les ambitions, les humiliations, les peurs de la vie, l'appréhension du regard lancé et du regard reçu.

    Cela fait quelques mois que j'ai vu le film. Si la précision des images et des dialogues s'est effritée dans mon esprit, l'effet que me procura ce film continue de parcourir mon échine, quand j'ai besoin de me sentir compris, de m'identifier, d'espérer.

    Marvin, c'est une claque et le profond vertige de soi.

    Compassion, identification relative.

    Comprendre le regard, l'âme, pleurer sans larmes. ‬
    ‪Marvin ou comment s'écrire, (sur)vivre, briller.

    Belle éducation et magnifique ascension d'un transfuge amoché, rafistolé, émancipé.
    Marvin, se chercher, se trouver, retrouver, se chercher encore ...

     

    Ma note: 

    Marvin ou la belle éducation, Anne Fontaine/5

    Guéric

     


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  • Titre : Ava

    Réalisateur : Léa Mysius

    Année de sortie : 2017

    Durée : 1h45

    « Il paraît qu’Ava ça veut dire « je désire », mais je désire quoi ? » Tu désires la vie et la vue, et c’est l’amour qui te le fait voir.

    Ava, dans le film du même nom de Léa Mysius (2017), c’est une adolescente de 13 ans qui vit son dernier été avec la vue. En compagnie de sa mère de qui tout oppose, la jeune fille, par peur de perdre aussi ses rêves, essaye de vivre ses premières fois comme on vivrait nos dernières. Car pour elle, c’est le moment ou jamais. Après, plus rien ne sera pareil. C’est pourquoi, la jeune fille, malgré son jeune âge, va vivre une histoire d’amour des plus dangereuses mais des plus passionnelles pour elle, et des plus prenantes pour le spectateur.

    Au-delà de la romance, le personnage d’Ava est très attachant, et ce petit bout de femme finit même par devenir une héroïne, avec son courage et sa sensibilité face à ce qui lui arrive. Cette sympathie est permise par la lumière, qui se trouve réduite en même temps que la vue d’Ava, mais aussi par la musique, qui est aussi douce que la jeune femme.

    Je recommande donc ce film pour les amateurs.trices de fraîcheur, et pour celles et ceux qui ne croient pas que la vie a toujours quelque chose de bon à nous offrir.

     Maud


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