• "Art" de Yasmina Reza

     

    "Art" de Yasmina Reza

    (Illustration : Carré blanc sur fond blanc, Kazimir Malevitch, 1918)

     

    Titre : « Art »
    Auteur : Yasmina Reza
    Date de parution : 1994
    Edition : Folio (Gallimard)
    Nombre de pages : 121




    Résumé


    C’est l’histoire de trois amis, Serge, Marc et Yvan. Serge a acheté un tableau blanc, entièrement blanc, et l’estime au plus haut point. Marc ne comprend pas cet achat absurde et stupide. Yvan, lui, cherche à ménager l’un et l’autre, une position bien difficile à tenir … C’est l’histoire de trois amis qui s’engueulent et interrogent non seulement les préceptes de l’art, mais surtout les fondements de l’amitié et des relations humaines. C’est l’histoire d’un tableau blanc, de ceux qui l’aiment, de ceux qui le détestent, et de ceux qui s’en foutent.


    Critique


    Que dire sur cette immense pièce de Yasmina Reza, écrite en 1994, la pièce de théâtre française la plus jouée dans le monde entier, traduite dans 35 langues … Le style très épuré et le nombre réduit de personnages – les trois amis – rendent possibles de grandes libertés de mise en scène, aussi bien au niveau du jeu que du décor. Le comique est palpable tout au long de la pièce, et on notera les pied-de-nez que se permet Yasmina Reza par rapport aux superstitions traditionnelles au théâtre. Toutefois, cette courte pièce – et je l’ai dit car je l’ai appréciée mais également car j’ai eu la chance de la jouer – ne se réduit pas à une brève comédie sur des engueulades amicales. Reza fait preuve de virtuosité en alternant monologues, soliloques et dialogues plus ou moins enflammés, elle rend le public et le lecteur complices malgré eux. De plus, le rythme crescendo de la pièce est inéluctable et ne peut que nous emporter dans les mêmes extrémités que les personnages. En outre, des sujets bien plus sérieux sont abordés. Les élucubrations de Serge et l’irritation de Marc ne cachent pas une vraie réflexion philosophique sur les lois de « l’Art », sa raison d’être et ses incohérences. L’intrigue elle-même, dans une espèce de huis clos, permet d’envisager les relations humaines sous un autre angle, de nous demander jusqu’à quel point nous agissons par nous-mêmes et dans quelle mesure nous sommes dépendants des autres, influencés par eux. Cette pièce de Yasmina Reza interroge le pouvoir d’être soi-même pour soi-même, et les mécanismes inconscients des relations humaines. Plaisante à lire, elle est également hilarante à voir et à entendre ; je vous renvoie donc à sa première représentation mise en scène par Patrice Kerbrat, qui a eu lieu le 28 octobre 1994 avec Pierre Vaneck (Marc), Fabrice Luchini (Serge) et Pierre Arditi (Yvan), dont vous pourrez trouver une captation sans difficulté sur Internet. Enjoy !


    Citation


    « Si je suis moi parce que je suis moi, et si tu es toi parce que tu es toi, je suis moi et tu es toi. En revanche, si je suis moi parce que tu es toi, et si tu es toi parce que je suis moi, alors je ne suis pas moi, et tu n’es pas toi … »

     

    Guéric.


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