• Ce Masque

    Le masque sur le cœur pour étouffer hier,
    Le regard lourd de pleurs elle fixe son verre,
    Trop plein pour ramener ses pensées sur la Terre,
    Trop vide pour plonger et noyer ses enfers.
     
    Elle est seule, esseulée, dans ce corps un peu grand,
    Y est tout entière, veut y être autrement,
    Abandonner sa peau effacée par la pluie,
    Découvrir le ciel, vivre un fragment de sa vie.
     
    Des particules luisent, tombent dans ses yeux,
    Comme autant de gouttes de souvenirs heureux,
    Recouvrent le vieux bois que le temps a usé,
    Le même temps qui blesse referme les plaies.
     
    Elle fuit son reflet, signe de ce qu'elle a
    Laissé un jour derrière accroché à ses pas,
    L'ombre de quelque ami, délaissée quelque part,
    Le parfum de l'oubli qu'elle a humé trop tard.
     
    Son visage d'enfant découvre ses yeux d'ange,
    Elle aime leur beauté née d'une peine étrange,
    Doucement elle prend, pose sur ses paupières,
    Un masque de passé, un masque de poussière.
     
    William Rouached

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