• Chromatopsie, Quentin Zuttion

     

     

    Titre : Chromatopsie

    Auteur : Quentin Zuttion

    Édition : Éditions Lapin

    Genre : BD

    Date de parution : Juin 2018

    Nombre de pages : 236

    Note : 4/5

     

    Résumé de l'éditeur (2e de couverture) :

     

    Des corps en transition, qui se libèrent de ce qui les oppresse.

    Chaque personnage est en quête d'un renouveau, d'une identité, d'amour… Ils s'affirment ou s'enferment, consciemment ou non, pour s'accepter et vivre libres. Ils muent, au sens propre comme au figuré.

    Ils s'observent et s'analysent sous toutes les coutures, s'imposent et se dissèquent pour se comprendre et comprendre leur monde.

     

    Critique :

     

    Chromatopsie, nom féminin : perception visuelle des couleurs, due aux cônes de la rétine.

    Parce qu'il s'agit bien de couleurs dans cette superbe bande dessinée de Quentin Zuttion. Les couleurs, on les voit, elles se jettent dans nos yeux dès la couverture et un peu plus à chaque page. Mais je crois qu'on les voit surtout avec le cœur ici. C'est le cœur qui lit, regarde, caresse. C'est le corps aussi. Surtout le corps d'ailleurs. Le corps tout le temps, le corps hors du temps ou trop dedans, qui souffre, qui hurle, qui pèle, qui aime, qui fait l'amour, qui part, qui enlace … Rien n'est extérieur, tout touche au plus profond ; l'adéquation corps-couleur-souffrance (ou bonheur) intime est maîtrisée avec une telle franchise, qui fait d'ailleurs toute la force de cette bande-dessinée.

    Moi qui suis un grand amateur de mots, je les ai trouvé rares, c'est vrai – toutefois, les quelques mots répandus sur les pages sont simples, beaux, forts, habituels quoique surprenants. Peut-être une façon de faire passer le corps dessiné avant le langage, impuissant. Car ici, le dessin prime, le dessin parle, le dessin souffre aussi, le dessin raconte, excite, terrifie, donne à voir et à sentir dans notre chair toutes les oppressions et les attaques dont sont victimes les personnages, mais aussi leurs espérances et leurs délivrances.

    On n'oubliera pas de relever l'excellente préface de Martin Dust, qui déjoue avec malice nos attentes et permet d'entrer confiant dans le livre, pour finalement en ressortir enchanté (ébranlé ?).

    Un livre nécessaire dans un monde où le corps est constamment malmené, rejeté, incompris. La voix colorée du corps dans le corps d'un livre pigmenté.

     

    Citations

     

    « Ça te va bien, cette couleur. » [Danse pourpre ; 4e de couverture]

    « On est tous le monstre de quelqu'un. » [Marée noire]

     

     

     

    Article de Guéric


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