• Le soleil se lève aussi de E. HemingwayTitre : Le soleil se lève aussi (The Sun Also Rises)

    Auteur : Ernest Hemingway

    Date de première parution : 1926

    Traduction : Maurice-Edgar Coindreau

    Édition : Folio Gallimard

    Résumé:

     Un groupe d'amis (le sont-ils vraiment?) à Paris, Américains expatriés, des nuits parisiennes festives et ennuyeuses qui se ressemblent et s'enchaînent, une spirale infernale vers la chute horizontale et permanente, une parenthèse ibérique, la valse tordue des amours désabusés, les tribulations d'une « génération perdue » sous un soleil qui la verra disparaître …

     

    Critique:

    Que de force dans ce roman d'Hemingway ! Son style épuré et incisif n'a aucune pitié ni pour les personnages ni pour le lecteur. Le malaise des personnages et leur désespoir enfoui parviennent jusqu'à nous, à travers des mots d'une rare violence. Le soleil se lève aussi, et il n'a que faire de blesser, puis d'emporter avec lui la souffrance pour la mêler à ses rayons le matin suivant. La forme de l'œuvre peut surprendre : ce n'est qu'une tranche de vie, il n'y a pas vraiment d'intrigue, et ni le narrateur, ni l'écrivain ne donne vraiment accès aux intériorités. Mais il ne faut pas rester bloqué sur cette apparente superficialité. L'acerbe, l'ironie mais aussi la tristesse est présente à chaque mot, à chaque ligne, de façon d'autant plus tragique que les personnages refoulent sans cesse les blessures qui les déchirent. Le soleil se lève aussi donne à réfléchir sur le pouvoir (ou l'impuissance) de la parole et de la narration, sur le sens de nos actions et à la direction qu'on leur donne, la fatalité de se réclamer d'une « génération perdue » souillée à jamais par la Première Guerre mondiale et la possibilité de retrouver l'authenticité de la vie ailleurs (ou pas) …

    Je ne connaissais pas Hemingway avant de lire ce roman, dont la traduction de Coindreau est fidèle au style si particulier d'Hemingway. Je suis à présent conquis, et je ne peux que vous conseiller de lire Le soleil se lève aussi, sinon d'aller voir l'adaptation cinématographique datant de 1957 et réalisée par Henry King !

    Note

    Le soleil se lève aussi de E. Hemingway


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    Photo en noir et blanc de la "Longue marche" du 4 mai 1927 

    (source : http://hgsavinagiac.over-blog.com/article-1919-mouvement-du-4-mai-et-1927-massacre-des-communistes-de-shanghai-repressions-en-chin-124318392.html)

     

     

     

    Titre: La Condition humaine

    Auteur : André Malraux

    Edition: Gallimard (Nouvelle Revue Française)

    Date de parution: 1933

    Nombre de pages: 324

     

    Résumé :

    Shanghai, quelques semaines avant le 12 avril 1927, date du « massacre de Shanghai » qui voit se produire l'attaque de civils et de militants du Parti Communiste Chinois (PCC) par des troupes de l'Armée nationale révolutionnaire et des membres des triades. Cet événement sanglant amorce la rupture entre le Kuomintang et le PCC ainsi que le début de la guerre civile chinoise. Dans les rues sombres et mystérieuses, au fond des casinos bruyants, dans le silence assourdissant du bureau d'un haut responsable, sur les quais, sous les balles et les grenades, chacun essaye de poursuivre sa raison d'être, d'atteindre ses objectifs, de conserver une part d'humanité en des temps où l'homme disparaît au devant des intrigues politiques, des affres de l'Histoire et des impératifs économiques. Comment vivre, aimer, tuer, rester fidèle à ses idéaux, faire l'amour et la révolution quand notre certitude fondamentale d'être homme est ébranlée ?

     

    Critique :

    Rarement un livre ne m'a laissé à ce point coi une fois la lecture achevée. Pour être tout à fait honnête, le contexte extrêmement précis d'un point de vue géographique, historique, politique et stratégico-militaire a quelque peu compliqué mon entrée dans le livre. Toutefois, le sens de la formule et la poésie d'André Malraux, combinés à une force de représentation et d'évocation hors du commun m'ont rapidement emporté dans le flot de l'intrigue, au moins aussi animé que les eaux du Yangzi Jiang.

    La multiplication des personnages et des points de vue permet de considérer l'effet des événements à différents niveaux, suivant la classe, la condition sociale ou l'appartenance idéologique du personnage. C'est également une manière de chercher à cerner cette « condition humaine » que l'on perd et que l'on retrouve tout au long du roman. L'ancrage historique de l'intrigue n'ôte aucune dimension au livre. Malraux nous sert, par le truisme des personnages et de la fiction, des réflexions philosophiques et morales sur l'amour - « On ne possède d'un être que ce qu'on change en lui » ou « Reconnaître la liberté d'un autre, c'est lui donner raison contre sa propre souffrance » - la mort, le sens du combat, la dignité, la fraternité, la vérité ou encore la souffrance - « La pire souffrance est dans la solitude qui l'accompagne ». La Condition humaine porte enfin un regard neuf sur les raisons qui motivent la trahison politique, ou celles qui poussent un individu à sombrer dans la violence ou le terrorisme.

    À propos du terrorisme d'ailleurs, le personnage de Tchen incarne dans un certaine mesure ce qu'Albert Camus en dira dans son essai L'Homme révolté en 1951 : « Les terroristes naissent à cet endroit, détournés de l'amour, dressés contre la culpabilité des maîtres, mais solitaires avec leur désespoir, face à leurs contradictions qu'ils ne pourront résoudre que dans le double sacrifice de leur innocence et de leur vie. »

    Bref, lire La Condition humaine, c'est tenir entre ses mains une enclume lourde de sens, de mots, de sang et d'esprit. C'est voir lutter, vivre, souffrir, mourir. C'est suivre l'humanité au fil des pages, et au-delà.

    Citation :

     

    « Les yeux fermés, porté par de grandes ailes immobiles, Gisors contemplait sa solitude : une désolation qui rejoignait le divin en même temps que s'élargissait jusqu'à l'infini ce sillage de sérénité qui recouvrait doucement les profondeurs de la mort. »

     

    Note : 

     


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    La Danse pieuse de Klaus Mann

     

    Titre : La Danse pieuse, sous-titré « Livre d'aventures d'une jeunesse »

     

    Auteur : Klaus Mann

     

    Traduction : Michel-François Demet avec le concours du Centre National des Lettres

     

    Collection : Les Cahiers Rouges

    Edition : Editions Grasset

     

     

    Nombre de pages : 252

     

    Note : 4/5

     

     

     

     

     

    Résumé de la 4ème de couverture :

     

    Dans le Berlin décadent et sexuel des années 1920, un jeune peintre cherche sa couleur, son plaisir, sa différence … Ses tourments étreignent le chaos de son pays. Dans cette Allemagne pré-hitlérienne, où la défaite de 1918 et l'écrasement de la révolution spartakiste ont ouvert des plaies que la république de Weimar ne refermera pas. Andreas traque le sens d'une « nouvelle innocence », d'une « nouvelle foi », d'une « nouvelle piété ». Héros d'une génération sacrifiée, Klaus Mann n'avait pas vingt ans lorsqu'il publia La Danse pieuse, un premier roman prophétique : « Nous ne pouvons rien savoir de la solution de ce trouble, peut-être cette solution est-elle justement le grand abîme, l'apocalypse, une nouvelle guerre, un suicide de l'humanité. »

     

     

     

    Critique :

     

    La Danse pieuse m'avait été présenté comme le premier roman traitant ouvertement d'homosexualité, à une époque où celle-ci était taboue. En effet, Klaus Mann l'aborde ici avec justesse et authenticité. Il montre une atmosphère mais aussi une quête, une découverte, une libération, des amours et des déceptions. Le milieu homosexuel de ces années 20, derrière ses excentricités et ses exagérations, n'est finalement pas si éloigné du reste de la société. Il a ses quartiers, ses lieux secrets, mais partage avec elle le malaise et la quête de sens. Toutefois, le thème de l'artiste et de l'inspiration est également très bien traité. Le besoin de créer, le besoin d'art est palpable à chaque ligne ; l'auteur lui-même convoque métaphores et figures, oscille entre réalité et onirisme pour transcrire cette tension permanente qui anime l'artiste. Chaque personnage est une facette, un fragment de l'immense tableau de la société et de l'oeuvre elle-même. Les amoureux de l'allemand apprécieront une traduction française de qualité, qui reproduit les sonorités, les rythmes et les images exprimées en langue allemande avec poésie, style et musicalité. Mon petit bémol personnel concernerait le sort réservé à certains personnages, bien que cela fasse aussi la force de l'oeuvre de montrer les sacrifices et les victimes de la quête de cette « innocence ». La fin est aussi trop ouverte à mon goût. La beauté de la scène finale ne compense pas sa brièveté brute et son inachèvement, j'aurais souhaité un court épilogue ou du moins quelques développements supplémentaires. Néanmoins, je vous conseille ardemment de vous plonger dans La Danse pieuse, de vous déhancher et de valser au gré des mots de Klaus Mann, et peut-être de trouver la piété d'art, la piété d'âme qui tend à nous échapper dans le monde actuel.

     

     

     

     

    Citation :

     

    "Mais notre jeunesse, notre grande jeunesse, notre jeunesse différente, qu'en est-il d'elle, en fait ? Mon Dieu, elle semble avoir trouvé tellement de portes de sortie pour échapper à ce chaos et nous nous efforçons nous-mêmes de sortir de ce labyrinthe en tâtonnant, dans un tel désarroi, un tel désir douloureux ! Un peu de sport, un peu de politique, et elle est contente. Inconsciente d'avoir complètement déraillé, elle met tout son orgueil à être aussi superficielle et dépourvue de passion que possible. Hélas, Andreas, il n'y a de création que lorsque l'on transmue en forme sa propre souffrance, lorsque l'on trouve sa propre langue expressive, afin de participer à l'élaboration de tout un temps, de toute une génération. Notre jeunesse n'a aucune langue expressive, notre jeunesse renie lâchement sa souffrance et n'en veut rien savoir. A quoi veux-tu donner forme, Andreas ? Toujours et seulement faire parler ton âme, ton âme isolée dans tes tableaux et tes esquisses, et personne ne te saura gré que tu fasses entendre sa plainte - aucun parmi les vieux, aucun parmi les jeunes."  

     


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  • Titre : Les Mains Sales

    Auteur : Jean-Paul Sartre

    Edition : livre publié par les Editions Gallimard

    Année de publication : 1948

    Nombre de pages : édition FOLIO de 1992: 247 pages

    Résumé: pièce de théâtre constituée de 7 tableaux. Le tableau 1 et le tableau 7 se déroulent en 1945 alors que la guerre est sur le point de se conclure et que l'illyrie est envahie par l'Allemagne depuis 3 mois. L'armée Allemande est alors en débâcle et les armées soviétiques sont à 40 kilomètres de la frontière illyrienne.

    Les autres tableaux se déroulent  deux années plus tôt, en 1943 

    L'intrigue se situe dans un petit pays imaginaire, l'Illyrie, pays situé à proximité de l'Allemagne. 

    L'Ilyrie est dirigée par "le gouvernement fasciste du Régent" qui a déclaré la guerre à l'U.R.S.S. en 1942, et a "aligné sa politique sur celle de l'Axe". Le Parti Prolétarien se bat lui pour la démocratie, pour la liberté, pour une société sans classes. Et entre ces deux extrêmes, le Pentagone. 

    Hugo jeune intellectuel idéaliste révolutionnaire intégre la Parti Prolétarien  en 1942 pour s'occuper du Journal, il est introduit et parrainé par Olga. Las, Hugo ne se satisfait "d'écrire pendant que les copains se font tuer" (tableau 2, scène III) et veut faire de "l'action directe". Il indique être ne pas aimé son père, être un type qui n'a pas  envie de vivre", et rêve d'une action terroriste. Olga le présente à Louis (un des chefs du parti).

    Hugo à Louis (un des chefs du Parti) : "En Russie, à la fin de l'autre siècle, il y avait des types qui se plaçaient sur le passage d'un grand-duc avec une bombe dans leur poche. La bombe éclatait, le grand-duc sautait et le type aussi. Je peux faire ça" (tableau 2, scène IV)

    Louis décide de  confier à Hugo la mission de s'introduire chez Hoederer, un autre chef du Parti chargé par ce dernier (par 4 voix contre 3) de négocier avec les "fascistes et le Pentagone pour partager le pouvoir avec eux une fois la guerre terminée."  Le Régent "ne croît plus en la victoire de l'Axe et veut sauver sa peau". 

    Hoederer vit dans une maison de campagne qu'un ami lui a prêté et cherche un secrétaire. Hugo est engagé et va habituer dans la maison de campagne avec Jessica.

     

    Ma critique :

    Pièce de théâtre exceptionnelle, le miroir des Justes d'Albert Camus, avec des discours cinglants et une leçon de politique digne du Prince (de Machiavel). La question de la fin et des moyens d'une prise de pouvoir est posée, des négociations et des compromis, à travers notamment les discussions entre Hugo (personnage central) et Hoederer. C'est la confrontation aussi entre l'idéal révolutionnaire incarné par Hugo et le pragmatisme porté par Hoederer. La puissance psychologique des personnages (Hugo, Hoederer mais aussi Jessica)  permet d'aborder l'absurdité de la vie, la lutte des classes, le rôle des femmes à cette époque, le pessimisme et l'existentialisme cher à Jean-Paul Sartre. En synthèse: une tragédie moderne à la dimension historique, sociale, politique, philosophique.

    Ma note :  

    Les Mains sales

    Une citation :

    Hugo à Olga, évoquant Hoederer: "je l'aimais plus que je n'ai aimé personne au monde. J'aimais le voir et l'entendre, j'aimais ses mains et son visage et, quand j'étais avec lui, tous mes orages s'apaisaient" (tableau 7)

    mais aussi:

    Hugo à Olga: "Avec le hasard, tu peux commencer les "si" : "si j'étais resté sous le châtaignier, si j'avais poussé jusqu'au bout du jardin, si j'étais rentré dans le pavillon,…" (tableau 7)

    Jessica à Hoederer: " je ne sais rien, je ne suis ni femme ni fille, j'ai vécu dans un songe et quand on m'embrassait ça me donnait envie de rire. A présent je suis là devant vous, il me semble que je viens de me réveiller et que c'est le matin. Vous êtes vrai. Un vrai homme de chair et d'os, j'ai vraiment peur de vous et je crois que je vous aime pour de vrai. Faites de moi ce que vous voudrez: quoi qu'il arrive je ne vous reprocherai rien." (tableau 6)

    Hoederer à Jessica, à propos de la vie: " si on veut en connaitre le prix, il faut la risquer de temps en temps" (tableau 6)

    Hoederer à Hugo: "avec tes copains ça s'arrangera. Le plus difficile, c'est de s'arranger avec toi-même" (tableau 6)

    Hugo à Hoederer: "je ne suis pas fait pour vivre, je ne sais ce que c'est que la vie et je n'ai pas besoin de le savoir. Je suis de trop, je n'ai pas ma place et je gêne tout le monde ; personne ne m'aime, personne ne me fait confiance" (tableau 6)

    Hoederer à Jessica: "il ne faut pas humilier les gens" (tableau 6)

    Jessica à Hoederer, à propos de sa femme: "elle était belle" / Hoederer: "ça dépendait des jours et des opinions" (tableau 6)

    Jessica à Hoederer: "c'est beau un homme qui est seul" / Hoederer: "si beau qu'on a tout de suite envie de lui tenir compagnie. Et du coup il cesse d'être seul: le monde est mal fait" (tableau 6)

    Hugo à Hoederer à propos des hommes: "quant aux hommes, ce n'est pas ce qu'ils sont qui m'intéresse mais ce qu'ils pourront devenir" / Hoederer lui répond: "et moi, je les aime pour ce qu'ils sont. Avec toutes leurs saloperies et tous leurs vices. J'aime leurs voix et leurs mains chaudes qui prennent et leur peau, la plus nue de toutes les peaux, et leur regard inquiet et la lutte désespérée qu'ils mènent chacun à son tour contre la mort et contre l'angoisse" (tableau 5)

    Hoederer à Hugo: "comme tu tiens à ta pureté mon petit gars! Comme tu as peur de te salir les mains. Eh bien, reste pur! A qui cela servira t-il et pourquoi viens tu parmi nous? La pureté c'est une idée de fakir et de moine. Vous autres, les intellectuels, les anarchistes bourgeois, vous en tirez prétexte pour ne rien faire.  Ne rien faire, rester immobile, serrer les coudes contre le corps, porter des gants. Moi j'ai les mains sales, jusqu'aux coudes. Je les ai plongées dans la merde et dans le sang. Et puis après? Est-ce que tu t'imagines qu'on peut gouverner innocemment?" (tableau 5)

    Hugo à Hoederer: "tous les moyens ne sont pas bons"/ Hoederer à Hugo: "tous les moyens sont bons quand ils sont efficaces" (tableau 5)

    Hugo à Hoederer:" il n'y a qu'un seul but: c'est de faire triompher nos idées, toutes nos idées et rien qu'elles." Hoederer à Hugo: " C'est vrai, tu as des idées, toi. Ca te passera" (tableau 5)

    Jessica à Hugo: "voilà dix-neuf ans qu'on m'a installée dans votre monde d'hommes avec défense de toucher aux objets exposés et vous 'avez fait croire que tout marchait très bien et que je n'avais à m'occuper de rien sauf de mettre des fleurs dans les vases. Pourquoi m'avez-vous menti? Pourquoi m'avez-vous laissé dans l'ignorance, si c'était pour m'avouer un beau jour que ce monde craque de partout et que vous êtes des incapables (…)?"  (tableau 5)

    Hugo à Jessica: "la politique est une science. Tu peux démontrer que tu es dans le vrai et que les autres se trompent" (tableau 5)

    Jessica à Hugo: "et il faut tuer les gens qui n'ont pas vos idées?" / Hugo à Jessica: "Quelquefois" (tableau 5)

    Jessica à Hugo:" Mais pourquoi as-tu choisi les idées de Louis et d'Olga? / Hugo: "Parce qu'elles étaient vraies" / Jessica: "Mais, Hugo, suppose que tu aies rencontré Hoederer l'an dernier, au lieu de Louis. Ce sont ses idées à lui qui te sembleraient vraies." / Hugo: "tu es folle" / Jessica: "Pourquoi?" / Hugo: " On croirait à t'entendre que toutes les opinions se valent et qu'on les attrape comme des maladies" (tableau 5)

    Hugo à Jessica: "Et comment veux-tu vivre, si personne ne te fait confiance?" (tableau 5)

    Olga à Jessica: "Rassurez-vous: l'amour ne tracasse pas beaucoup les femmes de tête. Nous n'en vivons pas" (tableau 5)

    Hugo à Slick: "non, mais écoute: ne te marie pas trop jeune. Tu comprends ce que je veux dire, hein? Ne te marie pas trop jeune. Te charge pas de ce que tu ne peux pas faire. Après, ça pèse trop lourd. Tout est si lourd." (tableau 4)

    Hugo: "c'est un casse-tête. (Il boit.) Les vertus et les vices ne sont pas équitablement répartis" (tableau 4)

    Hoederer: "je fais toujours confiance aux gens, c'est un principe." (tableau 4)

    Hugo à Louis: "j'ai quitté ma famille et ma classe, le jour où j'ai comprise que c'était que l'oppression. En aucun cas je n'accepterais de compromis avec elle." (tableau 2)

    Hugo à Olga: "Olga, je n'ai pas envie de vivre. " / Olga: "Vraiment? Pourquoi"/ Hugo, geste: "Trop difficile."/ Olga : "Tu es marié pourtant." (tableau 2)

    Hugo à Olga : "c'est une histoire idiote, comme toutes les histoires. Si tu la regardes de loin, elle se tient à peu près ; mais si tu te rapproches, tout fout le camp. Un acte ça part trop trop vite; Il sort de toi brusquement et tu ne sais pas si c'est parce que tu l'as voulu ou parce que tu n'as pas pu le retenir." (tableau 1) 

    Olga à Hugo: " tu parles trop Hugo. Toujours trop. Tu as besoin de parler pour te sentir vivre" (tableau 1)

     

    Pour approfondir : http://libresavoir.org/index.php?title=Les_Mains_sales_de_Jean-Paul_Sartre

    Cyril Gaudel

     

     

     


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  • Point de lendemain

    Titre: Point de lendemain

    Auteur : Vivant Denon

    Année : 1812

    Nombre de pages : 63

    « La lune se couchait, et le dernier de ses rayons emporta bientôt le voile d'une pudeur qui, je crois, devenait importune. » À l'image de cette métaphore qui sous-entend l'acte charnel entre le jeune narrateur de vingt ans et de Madame de T..., l' écriture de Vivant Denon dans ce « conte libertin » se veut allusive et suggestive. Il est bien question de libertinage dans ces quelques lignes qui forment Point de lendemain, du moins c'est sur ce libertinage que va jouer Madame de T..., une femme mûre et d'expérience pour attirer dans ses filets le candide narrateur qui nous raconte son coup d'un soir comme on dirait aujourd’hui car comme le souligne le titre de ce « conte », il n'y aura pas de lendemain dans cette relation. Une nuit qui nous emmènera de l'opéra, à une promenade au clair de lune à divers lieux secrets du château de Madame de T... où le mari s'éclipsera rapidement.

    Ce que je trouve intéressant dans cette nouvelle ou ce conte ou ce court roman comme l'écrit notre cher Wiki ( pour moi c'est une nouvelle n'en déplaise à Shakespeare) c'est la confrontation entre Madame de T... qui se prête au jeu de la manipulation auprès des trois hommes qui l'entourent dans ces quelques pages d'une part et de l'autre le voyage initiatique pourrait-on dire d'un jeune homme qui va se heurter au libertinage :« Tout s'évanouit avec la même rapidité que le réveil détruit un songe, et je me trouvai dans le corridor avant d'avoir pu reprendre mes sens. » Il y a beaucoup d'humour et d'ironie dans l'écriture suggestive de Vivant Denon (il fut le premier directeur du Musée du Louvre ; intéressant pour briller en société!!) Toute la pureté et la sincérité que pourrait incarner l'idéal amoureux du garçon se heurte au plaisir du corps dont cherche à jouir Madame de T... : « Ah ! Point de morale, je vous en conjure ; vous manquez l'objet de votre emploi. Il faut m'amuser, me distraire, et non me prêcher. »

    En somme, Point de lendemain est une œuvre intéressante à lire. Sa lecture ne requiert pas non plus un emploi du temps de ministre. En une heure, vous aurez terminé la lecture. La plume de Denon au risque de me répéter est vraiment originale et témoigne bien toutes les surprises que va rencontrer le narrateur durant cette nuit. Point de lendemain n'est pas l’œuvre du siècle mais à le mérite de traiter avec beaucoup de virtuosité le libertinage sans être vulgaire.

    A lire, à savourer, pour une lecture d'un classique sans se prendre la tête..

    Ma note : 

    Point de lendemain

    Nathan MULLER


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