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    Découvrez la King Kong Théorie de Virginie Despentes !

    Crédits : @la_tortue_qui_lit

     

    KING KONG THÉORIE – VIRGINIE DESPENTES

    145 pages

     

     

    RÉSUMÉ

     

    En sept chapitres, Virginie Despentes vous fait repenser le féminisme. Viol, pornographie, prostitution, femmes modèles ou femmes poubelles…  Rien ne l’arrête. 

    Elle y raconte son viol, sa carrière de pute, son expérience dans le X, cette violence que la société impose aux femmes mais qui n’est pas celle que l’on pense. On y découvre que ce n’est pas la belle blonde qui tue King Kong, cette créature hermaphrodite, mais la société qui l’assassine pour refuser de rentrer dans le rang. 

    C’est une critique acerbe de la société actuelle qui veut absolument faire correspondre féminité avec faiblesse et victimisation. C’est un manifeste, ce livre, un manifeste qui n’a pas vocation à en être un. 

     

     

    MA CRITIQUE

     

    C’est ma mère qui m’a filé ce livre, après m’avoir fait lire Gloria Steinem. Je suis sceptique, Despentes, j’ai du mal, je ne suis pas fan. Mais là, je découvre un bijou. 

    L’écriture de Despentes est comme d’habitude : crue, réelle, sans fard. Rebelle. 

    Rebelle contre cette idée qu’une femme est un joli petit objet destiné à éveiller le désir et la convoitise des hommes, mais dans les règles de l’art. Pas question d’être une pute ou une star du X, ah ça non. La femme n’a du désir que comme épouse et mère modèle : son corps, c’est la société qui lui dit quoi en faire.

    Rebelle Despentes, bien difficile à cerner. On s’empare du livre, on n’en ressort plus. On s’indigne à ses côtés de ces violences faites aux femmes, ces violences auxquelles on n’avait jamais pensé. On veut poser le livre, saisir sa pancarte et descendre dans la rue pour crier « Je veux être une pute ! Je veux être une hardeuse ! Et puis d’abord, King Kong n’avait pas de sexe ! »

    On reste accroché.e jusqu’au bout à ses propos. Et une fois fini, on se révèle incapable de discuter, parler, d’expliquer Virginie Despentes. Son point de vue semble indéfendable quand on n’est plus immergé.e dans le livre. Comment expliquer les subtilités de sa pensée ? Clamer que la prostitution doit être reconnue comme carrière ? Que les stars du X doivent être mieux considérées ? 

    On ne peut pas. Alors on recommande ce livre à tout son entourage, féminin comme masculin. Car les violences ne sont pas que contre les femmes, elles touchent aussi les hommes.

    Ce livre, c’est un ovni. On ne le comprend que lorsqu’on le lit. Et il faut le lire, il faut le comprendre. C’est tout le féminisme qui est expliqué dans ces 145 pages. 

     

    CITATION

    « C’est le contrôle effectué sur nous qui est violent, cette faculté de décider à notre place ce qui est digne et ce qui ne l’est pas. »

     

    Marie DE FRANCA


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    Saga de Tonino Benacquista

    @mmuse 

    Titre : Saga

    Auteur : Tonino Benacquista

    Publication : 1999

    Edition : Gallimard

    Collection : Folio

    Nombre de pages : 448

     

    Mon avis : 

     

    C'est l'histoire de Marco, Jérôme, Louis et Mathilde, quatre personnages qui ne se connaissent pas et qui n'ont rien en commun mais qui sont recrutés pour écrire un feuilleton qui doit passer à la télé à quatre heures du matin et dont le titre est "Saga". A première vue, l’histoire n’a pas l’air formidable me direz-vous… et pourtant ! Les personnages n’ont qu’une seule règle : leur production doit coûter le moins cher possible. Et comme personne ne regarde la télé en plein milieu de la nuit, autant se faire plaisir en écrivant le scénario… On se laisse emporter par la plume de l’auteur, par les techniques narratives employées, par sa façon de décrire les personnages et de les mettre en scène. Mettre en scène, justement : le roman entier repose sur cette problématique. Parce que Saga ne fait pas que nous parler de cinéma : son écriture même se trouve influencée par le septième art. Cela en fait un roman très visuel, et très prenant aussi. Par le scénario que les personnages écrivent, on joue sur la mise en abyme, aboutissant à un scénario dans le scénario… et la fiction déborde peu à peu sur la réalité. Si vous aimez les personnages qui décadrent un peu, qui étonnent, qui sont aussi entiers que fascinants, vous ne pourrez pas lâcher Saga : on a l’impression de les rencontrer en personne et on est un peu (très) triste de refermer le livre lorsqu’on l’a terminé. Un roman unique, surprenant, ingénieux, qui vous fera une expérience à part entière. Je le recommande vivement ! 

     

    Extraits :

     

    « - Il y a deux manières de faire passer une histoire peu crédible : le détail réaliste ou la surenchère.

    - ...?

    - Si, par exemple, tu me racontes qu'un jour tu as dîné avec Jean Gabin, je ne te croirai pas. Mais si tu me racontes que tu as dîné avec Jean Gabin, qu'il a commandé une truite aux amandes, qu'il a mis toutes les amandes de côté parce qu'il n'aimait pas ça, et que tu les as picorées une à une sur le rebord de son assiette, ça ne peut être que vrai. Ça c'est le détail réaliste. Mais dans une urgence comme la tienne, j'essaierais plutôt la surenchère.

    - Vas-y.

    - Le meilleur moyen de crédibiliser un événement hors du commun, c'est de le coupler avec un second encore plus étonnant. Si tu arrives au bureau en disant que ton RER a failli dérailler et coûter la vie à tout le wagon, ce n'est pas sûr qu'on te croie. Mais si tu racontes que ton RER a failli dérailler et coûter la vie à tout le wagon, que le trafic a été interrompu, que tu as trouvé un taxi, mais qu'au moment où tu pensais être tirée d'affaire, le taxi a embouti la bagnole d'un fou qui a cassé la gueule de ton chauffeur en pleine rue, jusqu'à ce qu'un flic arrive. Là on te prend pour une miraculée. »

     

     

    « L'interdit n'est pas forcément une faute, ni le courage de la faire. L'interdit c'est... c'est faire un geste libre, tout simplement. Un geste qui n'est dicté par aucun code, aucune revendication, aucune revanche.

    Un geste libre, c'est...

    Jeter un violon par la fenêtre dans la quiétude du soir. Psalmodier dans une langue inconnue devant un miroir. Casser paisiblement des verres à pied tout en fumant un énorme cigare. Porter un chapeau grotesque et agir comme s'il était invisible.

    En somme, risquer de passer pour un dingue aux yeux des autres. Enterrer du même coup le rationnel, le bon goût et la norme. Tout le monde sur cette terre a envie de faire un geste totalement absurde qui n'obéit à aucune logique. Il suffit de trouver celui qui est propre à chacun. »

     

    Jeanne 

     

     


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  • La meilleure façon de marcher est celle du flamant rose Diane Ducret

    ©Pauline P

    313 pages

     

    RESUME

    Dans ce roman nous suivons le personnage d’Enaid. L’histoire commence au présent, alors que la jeune femme apprend que son amant du moment la quitte. Ce nouvel incident sera l’occasion pour la narratrice de raconter toute l’histoire de cette jeune femme. De son abandon à sa naissance par sa mère, de son éducation stricte et traditionnelle par ses grands-parents obsédés par l’idée qu’elle ne risque de devenir comme sa génitrice.

    Nous nous rendons compte rapidement que l’incompréhension des siens, la solitude l’ont menée dans des situations plus que périlleuses. Faisant d’elle un petit flamant rose, une adulte certes debout, mais tout de même claudiquante.

     

    CRITIQUE

    Le titre de ce livre m’avait tapé dans l’oeil depuis plusieurs mois. À l’occasion du salon du livre, hop, je l’ai acheté, enfin !
    Je ne m’attendais pas à une telle histoire. Je n’avais plus l’habitude de lire des romans avec des issues et des atmosphères aussi noires, et glauques. En effet, l’histoire d’Enaid pourrait faire l’objet d’une longue psychanalyse.

    J’ai ressenti beaucoup de compassion pour l’enfant du roman, celle qui n’a pas été entendue, celle que l’on a pas écoutée alors que son histoire promettait déjà d’être compliquée avant même d’avoir commencé.

    Ce qui me chagrine c’est que le roman ne permet pas d’ouverture, il ne laisse pas de place à un mieux, il ne donne pas d’espoir aux lecteurs, chose à laquelle je m’étais habituée avec mes habituelles lectures de développement personnel où tout est bien qui finit bien.

    Une fois que j’ai compris que ce ne serait pas un roman qui me donnerait le sourire, j’ai commencé à l’apprécier.
    Nous suivons l’évolution d’une petite fille, école, activités extra-scolaires, première fois, rencontre amoureuse, déménagement, études, tout y est. Et tout est teinté de cette même marque noire. En effet, les erreurs des adultes responsables, la manque d’écoute, l’errance du personnage la mène

    toujours dans des situations plus risquées, ou elle ne prend pas la mesure de sa valeur.
    Une fois adulte, cette enfant continue le même schéma, drogue, partenaire violent et douteux. La loi du Murphy (tout ce qui est susceptible de mal tourner tourne mal) semble être sa doctrine.

    Mais le roman ne se contente pas de montrer, à certaines occasions, il donne des explications. L’enfant qui voyait sa mère comme une star comprend en grandissant qu’elle se prostituait à Pigalle, elle comprend aussi que l’abandon à la naissance est une habitude familiale.

    Ne vous fiez pas à ce titre enjôleur et à cette couleur rose si joviale et douce en première de couverture.

    Ce roman est une petite perle, Enaid est attachante, il est difficile de la quitter à la fin du roman, vous verrez !

     

    PAULINE P


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  • Tu comprendras quand tu seras plus grande, Virginie Grimaldi

    ©Pauline P

    473 pages

     

    RÉSUMÉ

    Julia, 31 ans, se réfugie dans le Sud de la France, après une succession de drames personnels.
    Dans sa fuite, elle accepte le post de psychologue, dans une maison de retraite, les Tamaris.

    Là-bas, une année s’écoulera.
    Malgré ses réticences, les moments passés là-bas bouleverseront la jeune femme. Ses angoisses, ses peurs, ses doutes, tout sera remis en question par ses échanges avec les résidents de cette maison de retraite. Tous plus attachants les uns que les autres. Cette expérience la fera évoluer, sans doute de la plus belle des manières.

     

    MA CRITIQUE

    Virginie Grimaldi parvient, une seconde fois, à toucher juste.
    On ne peut, je pense, rester insensible aux aventures de Julia, ses souffrances et ses traumatismes, mais aussi ses doutes, et ses joies, bien sûr.

    J’ai particulièrement aimé cette rencontre, ou plutôt ce choc des générations qui a eu lieu au sein des Tamaris.
    Quoi de mieux, pour remettre les choses à leur place, qu’un séjour avec des personnes âgées. Certaines parviennent à faire de cette période de la vie un moment doux et serein, d’autres apprennent aussi à y allier la maladie et les regrets à la douceur de vivre qu’apporte l’expérience du temps.

    En tout cas, le message est à mes yeux merveilleux, et à nouveau très relativiste. Virginie Grimaldi angle ses romans vers le développement personnel, et le cas de Julia n’était franchement pas bien parti, pourtant au cours des chapitres, elle progresse et apprend, ce qui fait extrêmement de bien.

    Les personnages sont tous criant de vérité, ce pourquoi je les trouve vraiment touchants.
    Cela paraîtra sans doute étrange à certains d’entre vous, mais je n’ai pu m’empêcher de verser une petite larme, parfois, car à nouveau, certaines situations raisonnent en moi.

    Grimaldi nous parle des choses de la vie, de choses qui ne font parfois pas plaisir à entendre, et que l’on rend tabou. Pourtant, il y a encore tant à apprendre. Perdre un proche, en faire le deuil, aimer après avoir souffert, ces choses là ne

    s’apprennent pas dans les livres, mais cette auteure là a ouvert la voie.
    Comme dans le reste de ses romans, Grimaldi injecte dans son écriture une pointe de candeur, d’ironie et d’humour qui pimentent ma lecture, et la rendent encore plus agréable !

    Je recommande ce roman à tout le monde, pour la leçon de vie qu’il pourrait vous donner, si vous êtes prêts à la recevoir !


    PAULINE P

     

    CITATION

    “La vieillesse a été inventée pour se détacher de la vie“ p.98


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  • Le premier jour du reste de ma vie, Virginie Grimaldi

     

    Le premier jour du reste de ma vie, Virginie Grimaldi

    Nombre de pages : 331
    Date de parution : 2018

     

    RÉSUMÉ :

     

    Trois femmes d’âges et de caractères différents, Marie, Camille et Anne, se retrouvent pour des raisons totalement différentes sur la même croisière intitulée Tour du Monde en solitaire.
    Ces dernières sont à des périodes charnières de leur existence, ce pourquoi elles embarquent toutes trois sur cet immense paquebot, bien décidé à se retrouver en tête à tête avec elles-mêmes.

    Pourtant l’amitié sera plus forte, et elles se soutiendront toutes les trois pour trouver des solutions à leur problématique, et enfin arriver au Premier jour du reste de leur vie.

     

    MA CRITIQUE :

     

    J’ai adoré ce roman, qui traite lui aussi du thème du développement personnel, qui m’intéresse énormément. Au delà de l’histoire, que j’ai trouvée délicieuse, notamment parce que j’y ai vu une identification totale avec l’une des personnage, j’ai trouvé que l’écriture était parfaite, qu’elle soutenait parfaitement cette histoire, pourtant simplissime.

    Je ne connaissais pas Grimaldi, mais j’aime sa vivacité. Ses chapitres sont courts, on en s’ennuie pas.
    Le visuel est omniprésent dans son histoire. Les images que l’on s’imagine sont pétillantes, et surtout qu’est- ce que l’on rit ! Cette écriture est aussi pleine de sarcasmes, d’humour.
    Le fait que 3 femmes, une jeune, une Quadra et une sexagénaire partagent le premier rôle pour des raisons totalement différentes, arrivent à se soutenir malgré leur parcours totalement différents est astucieux ! Aucune lectrice ne peut être laissée sur le bas-côté !
    Je recommande à 100%, pour les trajets en train, pour faire passer le temps plus vite, ce livre est parfait !

     

    PAULINE P


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