• En finir avec Eddy Bellegueule, Edouard Louis

    En finir avec Eddy Bellegueule, Edouard Louis

     

     

    Titre : En finir avec Eddy Bellegueule

    Auteur : Édouard Louis

    Collection : Points

    Édition : Éditions du Seuil

    Nombre de pages : 204

    Note : 3/5

     

    Résumé :

     

    C'est l'histoire d'une enfance qui n'en est pas une. Même pas une enfance difficile. C'est une histoire de survie – contre ce qu'on fait de nous et ce qui nous entoure – et d'affrontement, ou de fuite ; qu'importe puisque l'évasion ici est déjà un combat. Il ne s'agit pas seulement d'être différent, mais de (se) souffrir pour s'en dédouaner malgré soi. Au gré des rencontres, du quotidien, des expériences diverses et variées, le petit Eddy poursuit un chemin cahoteux, mortifère, nauséabond et parfois surprenant : celui des débuts de son existence. C'est aussi le chemin de l'apprentissage, de la quête de soi, et de l'auto-détestation. « La plus cruelle des maladies est de mépriser notre être » disait Montaigne. Voici l'histoire d'un enfant malade.

     

    Critique :

     

    Bien que ma rencontre avec ce livre ait été fortuite, je dois admettre que depuis Marvin ou la belle éducation, je souhaitais connaître les fondements de ce prodigieux long-métrage. En effet, c'est bien sur ce livre d'Édouard Louis qu'Anne Fontaine s'est basée pour réaliser son film. On remarque aisément la corrélation entre les deux œuvres, et il fut compliqué pour moi, au début, de lire sans greffer aux mots les images du film. Néanmoins, Édouard Louis a fini par s'imposer de façon indépendante au fil de ma lecture. J'ai été proprement bouleversé par cette histoire d'une extrême âpreté, d'une extrême hostilité qui sont rendues par une écriture directe, sans détour mais pleine de poésie et – nécessairement – d'authenticité. La forme lâche de la structure narrative, tout de même répartie en chapitres, plus ou moins linéaire sur le plan chronologique, nous permet d'avancer à notre rythme au son de la voix d'Eddy. Son recul et son impartialité vis-à-vis de lui-même et de ce qu'il a vécu décontenancent, mais rendent d'autant plus la réalité des événements. L'insertion de la voix des autres par les mots en italique est très intéressante, et on prend vite la mesure du poids de la parole de l'autre dans l'enfance d'Eddy. J'ai pu être chamboulé par le caractère cru de certaines scènes ; l'auteur ne cache rien, sans quoi il ne pourrait tout expliquer. Mais j'ai parfois eu le sentiment que cette volonté de rendre le vrai peut nuire au caractère littéraire de l'oeuvre (je mesure mes propos, il s'agit tout de même d'une histoire vraie). La conclusion du livre est brusque, l'effet de surprise est garanti, et l'épilogue tranche d'ailleurs avec le reste de l'ouvrage par sa typographie plus aérée, plus « listée », particulièrement appréciable.

    Malgré tout ce que j'ai pu en dire, ce livre reste une histoire bouleversante, qui nous gifle sans aucune pitié ; l'occasion de se mettre dans la peau impitoyable d'un petit garçon impitoyablement différent, impitoyablement plongé dans un monde impitoyable.

     

    Citation :

     

    « En vérité, l'insurrection contre mes parents, contre la pauvreté, contre ma classe sociale, son racisme, sa violence, ses habitudes, n'a été que seconde. Car avant de m'insurger contre le monde de mon enfance, c'est le monde de mon enfance qui s'est insurgé contre moi. Je n'ai pas eu d'autre choix que de prendre la fuite. Ce livre est une tentative pour comprendre. » (Édouard Louis)


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :