• Girl, Lukas Dhont

    Girl ; Lukas Dhont (2018)

    Girl, Lukas Dhont

    1h45

     

     

     

    De quoi ça parle ?

    Lara a 15 ans. Elle rejoint une prestigieuse école de danse belge dans l’objectif de concrétiser son rêve : devenir une danseuse étoile. Mais Lara n’a pas toujours été une femme car elle est née avec le sexe masculin. Girl est donc un moment d’intimité dans le quotidien de cette jeune fille alternant des séquences avec sa famille, de danse et de rendez-vous chez des médecins et des spécialistes.

    Ma critique

    Ce qu’il y a de particulièrement intéressant avec ce film c’est que le réalisateur a choisi le parti de se focaliser entièrement sur son personnage. Le côté politique et social sur ce sujet sensible qu’est la transsexualité est donc plutôt écarté mis à part quelques scènes où la jeune fille est confrontée aux regards des autres. Ainsi le spectateur est alors sensible avant tout à Lara, son regard et son évolution. Le dernier terme me semble en effet approprié dans la mesure où le film se concentre avant tout sur l’évolution d’un corps. Tout au long du film, Lara cherche à être en adéquation avec son corps. Dans une scène très émouvante avec son père, elle déclare ne pas vouloir être un modèle mais simplement une fille. Et de là vient tout le problème, car l’adolescente ne se sent pas encore pleinement celle qu’elle voudrait être. On suit alors les hésitations, les dilemmes intérieurs de la fille dans la découverte initiatique de son corps et de sa sexualité. De plus l’évolution réside aussi dans le montage où le jeune réalisateur construit son film sur une répétition de séquences (danse, famille, médecins) mais de manière extrêmement constructive et graduelle pour faire ressortir la pression intérieure de Lara. En ce sens, les scènes de danse sont éblouissantes d’intensité (jusqu’à la violence !) physiques et psychologiques à l’image de sa vie, un combat pour enfin vivre en étant soi-même ! C’est pourquoi dans les relations avec les autres, et notamment avec son père extrêmement ouvert, le silence et le non-dit règnent. Le personnage est dans un état transitoire difficile à extérioriser avec le langage. L’écart entre l’identité de Lara et ce qu’elle rêve d’être est identifiable dans ce que pourrait être le bouillonnement intérieur du personnage qui semble coïncider avec la physionomie et l’expression de son visage. Le réalisateur parvient très bien à retranscrire cela dans les multiples scènes où Lara semble rêvasser dans le métro.

    Enfin, il faut noter le jeu remarquable du jeune Victor Polster qui est rayonnant dans son rôle alors que celui-ci n’était pas acteur au moment du tournage.

    Girl est donc d’une justesse remarquable. Film sur l’adolescence, il ne se dégage du film aucune artificialité. Tout semble pur et on est très vite attaché au personnage.

     

    Ma note : 4/5

     

    Nathan Muller


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