• Marvin ou la belle éducation, Anne Fontaine

    Marvin ou la belle éducation, Anne FontainTitre : Marvin ou la belle éducation

    Réalisateur : Anne Fontaine

    Date de sortie : 22 novembre 2017

    Durée : 1h53min

     

    Synopsis (AllôCiné) :Martin Clément, né Marvin Bijou, a fui. Il a fui son petit village des Vosges. Il a fui sa famille, la tyrannie de son père, la résignation de sa mère. Il a fui l'intolérance et le rejet, les brimades auxquelles l'exposait tout ce qui faisait de lui un garçon «différent». Envers et contre tout, il s'est quand même trouvé des alliés. D'abord, Madeleine Clément, la principale du collège qui lui a fait découvrir le théâtre, et dont il empruntera le nom pour symbole de son salut. Et puis Abel Pinto, le modèle bienveillant qui l'encouragera à raconter sur scène toute son histoire.

    Marvin devenu Martin va prendre tous les risques pour créer ce spectacle qui, au-delà du succès, achèvera de le transformer.

     

    Ma critique :

    « Ce n'est pas ce qu'on est qui compte, c'est ce qui est au fond de nous. »

    Tels sont les mots prononcés par l'angélique Madeleine Clément au jeune Marvin, joué par le talentueux Finnegan Oldfield. Ils paraissent simplets, ces mots, mais ils font tellement de bien, à l'instar du film d'Anne Fontaine, lui-même inspiré d'En finir avec Eddy Bellegueule, le roman autobiographique d’Edouard Louis, paru en 2014.

    Les plus amers avanceront que ce film est bourré d'attendus, et que si l'émotion est présente, elle est surtout évidente. Il n'empêche que la force de ce film est immense. Le théâtre se fait à la fois échappatoire pour Marvin, décor, composante du film et même essence de celui-ci, avec des plans remarquables pris lors du seul-en-scène ou même dans la petite maison des Bijou. Le rythme rendu dynamique par les flash-backs permanents nous porte de bout en bout, en même qu'il fait état de ruptures et de continuités dans la vie de Marvin.

    Les thématiques (identité, homosexualité, milieu social, création théâtrale, recul sociologique ...) se mêlent, s'entrechoquent. Cette effervescence traduit la complexité de la recherche de son identité lorsque l'on est pris entre les tensions, les clivages sociaux, les ambitions, les humiliations, les peurs de la vie, l'appréhension du regard lancé et du regard reçu.

    Cela fait quelques mois que j'ai vu le film. Si la précision des images et des dialogues s'est effritée dans mon esprit, l'effet que me procura ce film continue de parcourir mon échine, quand j'ai besoin de me sentir compris, de m'identifier, d'espérer.

    Marvin, c'est une claque et le profond vertige de soi.

    Compassion, identification relative.

    Comprendre le regard, l'âme, pleurer sans larmes. ‬
    ‪Marvin ou comment s'écrire, (sur)vivre, briller.

    Belle éducation et magnifique ascension d'un transfuge amoché, rafistolé, émancipé.
    Marvin, se chercher, se trouver, retrouver, se chercher encore ...

     

    Ma note: 

    Marvin ou la belle éducation, Anne Fontaine/5

    Guéric

     


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