• Maryline de Guillaume Galienne

    Maryline de Guillaume GalienneRéalisateur : Guillaume Galienne

     

    Année de sortie : 2017

     

    Durée : 1h47

     

    Synopsis (Allôciné) : Maryline a grandi dans un petit village. Ses parents ne recevaient jamais personne et vivaient les volets clos. À 20 ans, elle "monte à Paris" pour devenir comédienne. Mais, elle n'a pas les mots pour se défendre. Elle est confrontée à tout ce que ce métier et le monde peuvent avoir d'humiliant mais aussi de bienveillant. C'est l'histoire d'une femme, d'une femme modeste, d'une blessure.

     

    Il est de ces films qui marquent, on ne sait pas trop pourquoi. On décide tranquillement d'aller au cinéma, pour le nom, pour la bande-annonce qui nous a plus, qu'importe. On ne se doute de rien au début. Le froid d'un soir de novembre nous attaque le visage, on se hâte de peur d'être en retard, on rigole de celui qui profite des bande-annonces pour avaler son sandwich au curry, quelques blagues fusent, et on s'arrête : ça commence …
    1 heure et 47 minutes plus tard, nous voilà sortis comme par une porte dérobée dans une ruelle adjacente. Silence, sensation de larmes et d'étoiles vaporisées sur la peau. On reparle de ce qu'on vient de voir, progressivement, avec tendresse et émotion, à chaud. Que s'est-il passé ?

    Une seule chose : Maryline de Guillaume Gallienne. Nous nous étions préparés avec mes amis à l'humble histoire d'une jeune provinciale qui monte à Paris pour y devenir comédienne, y trouver ses plus grandes joies et ses plus grandes peines, être malmenée par la vie et sauvée, par la vie aussi. En réalité, nous avons été projetés dans un splendide kaléidoscope cinématographique des plus cruelles émotions et des plus grands bonheurs. Maryline, c'est bien plus qu'un drame français comme on en a l'habitude, une histoire à fendre et à réchauffer le coeur, à pousser à bout nos glandes lacrymales. Maryline, c'est l'histoire des colères qui grandissent et des gens qui s'accrochent, ou bien l'inverse, je ne sais plus. C'est l'effondrement et la relève, c'est souffrir et c'est être heureux, c'est aborder l'existence naïvement et s'en sortir quand même, tant bien que mal. C'est pour les gens qui ont trop de mots dans leur tête et n'arrivent pas à les exprimer.
    Les ellipses, les mises en abyme et cette tension entre scène et réalité, le jeu sur la distanciation, la magistrale Adeline d'Hermy, tout, absolument tout jusqu'à la superbe reprise de Léo Ferré par Vanessa Paradis qui clôt le film… Il y a trop à dire. Maryline est simple, Maryline est riche, Maryline est remarquablement bien pensé et n'a pas peur.

    Je ne suis pas spécialiste en cinéma, je le reconnais. D'ailleurs, la critique n'a pas encensé Maryline, loin de là. Certains y ont même vu le grignotage du théâtre sur le cinéma. Moi j'y vois leur magnifique union et le talent dans sa plus grande sincérité, la représentation de cette blessure qui anime et raconte Maryline à elle seule, de cette blessure qui nous anime et nous raconte un peu tous.

    « Citation », musique finale du film

    Cette blessure
    Où meurt la mer comme un chagrin de chair
    Où va la vie germer dans le désert
    Qui fait de sang la blancheur des berceaux
    Qui se referme au marbre du tombeau
    Cette blessure d'où je viens

    Cette blessure
    Où va ma lèvre à l'aube de l'amour
    Où bat ta fièvre un peu comme un tambour
    D'où part ta vigne en y pressant des doigts
    D'où vient le cri le même chaque fois
    Cette blessure d'où tu viens

    Cette blessure
    Qui se referme à l'orée de l'ennui
    Comme une cicatrice de la nuit
    Et qui n'en finit pas de se rouvrir
    Sous des larmes qu'affile le désir

    Cette blessure
    Comme un soleil sur la mélancolie
    Comme un jardin qu'on n'ouvre que la nuit
    Comme un parfum qui traîne à la marée
    Comme un sourire sur ma destinée
    Cette blessure d'où je viens

    Cette blessure
    Drapée de soie sous son triangle noir
    Où vont des géomètres de hasard
    Bâtir de rien des chagrins assistés
    En y creusant parfois pour le péché
    Cette blessure d'où tu viens

    Cette blessure
    Qu'on voudrait coudre au milieu du désir
    Comme une couture sur le plaisir
    Qu'on voudrait voir se fermer à jamais
    Comme une porte ouverte sur la mort

    Cette blessure dont je meurs

     
    Léo Ferré, Cette blessure (1970)

    Note : 

    Maryline de Guillaume Galienne/5

     

    Guéric


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