• Mélancolie d'un chêne

    À trop vouloir aimer, l'on fatigue son cœur,

    Alors on le promène pour calmer ses pleurs,

    Sous de vertes colonnes que l'on ne voit guère,

    Arrête ! Écoute un temps le silence se taire:

     

    "Poète, je le sais, tu ne m'aperçus point,

    Mais ton cœur m'a parlé et prié avec soin

    De soulager ton âme et d'effacer ses peines,

    Donc soulage tes jambes bercé par un chêne.

     


    "Gardiens centenaires et parfois millénaires,

    Fidèles à notre herbe, au printemps, en hiver,

    On n'est point dangereux, pourtant on nous enferme,

    Mais enfin ! est-ce un crime de faire que germe,

    Au printemps, en hiver, sous un ciel bleu ou rose,

    En notre sein la sève, et à nos pieds la rose ?

    L'on respire notre air, et l'on dort à notre ombre,

    Puis l'on ferme nos grilles quand l'âme est moins sombre !


    Poète, tu t'en vas, mais raconte parfois,

    Sans alourdir ta plume, un quatrain suffira,

    Que même avec l'écorce on est chargé de peines,

    Autant que de feuillage, et on en parle à peine."

     

    William Rouached- Le 26/05, à la Pépinière


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