• Qui a tué mon père, Edouard Louis

    Qui a tué mon père, Edouard Louis

     

     

    Titre : Qui a tué mon père

    Auteur : Édouard Louis

     

    Édition : Éditions du Seuil

     

    Date de parution : mai 2018

     

    Nombre de pages : 85

     

    Note : 4/5

     

     

     

    Résumé 

     

     

    Dans son 3e livre, Édouard Louis raconte l'histoire d'un corps qui souffre : celui de son père, brisé par le travail ouvrier, mais aussi et surtout par les politiques successives mises en place pour étouffer, tuer, abîmer les classes populaires jusque dans leur chair. Anecdotes d'enfance, discours père-fils, accusations politiques se mêlent pour donner Qui a tué mon père, au fil de l'histoire sociale et politique de ces 30 dernières années : « L'histoire de ton corps accuse l'histoire politique. »

     

     

    Critique 

     

     

    Nouveau succès d'Édouard Louis qui réaffirme ainsi sa légitimité en tant qu'écrivain du monde social et politique, avec ses disparités, sa violence jamais tarie et ses injustices. Je ne suis pas d'accord avec ceux qui disent qu'il fait « toujours la même chose ». À mon sens, ce troisième livre s'inscrit dans la trajectoire narrative d'un projet littéraire aussi bien autobiographique que politique. Après avoir narré son enfance et sa fuite en tant qu'Eddy Bellegueule, puis la conjugaison des violences sociales, raciales, psychologiques, physiques qui faillit lui être fatale dans Histoire de la violence, il s'intéresse ici plus particulièrement à une figure emblématique de son projet mais de la littérature en général - le père - avec un point de vue original : le corps. Montrer que le politique n'est pas déconnecté du physique, que les mots et les mesures des uns entraînent le dépérissement et la mort des autres, constater, accuser, mettre des noms, c'est tout ça, Qui a tué mon père. Avec une alternance toujours bien maîtrisée des scènes du passé, des fragments de discours, des images fortes et un langage toujours percutant quoique moins cru que dans En finir avec Eddy Bellegueule, Édouard Louis signe un ouvrage bref, fort, sonore et engagé, dirigé contre les « dominants » et portant non plus seulement le discours et la réalité des classes populaires mais leur souffrance physique, leurs maux les plus intimes.

     

     

    Citation

     

     

    « Les dominants peuvent se plaindre d'un gouvernement de gauche, ils peuvent se plaindre d'un gouvernement de droite, mais un gouvernement ne leur cause jamais de problème de digestion, un gouvernement ne leur broie jamais le dos, un gouvernement ne les pousse jamais vers la mer. La politique ne change pas leur vie, ou si peu. Ça aussi, c'est étrange, c'est eux qui font la politique alors que la politique n'a presque aucun effet sur leur vie. »

     


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