• Les Jardins de Lumière, Amin Maalouf

     

    Titre : Les Jardins de Lumière

     Auteur : Amin Maalouf (né le 1949, élu à l'Académie française en 2011)

    Date de publication : 1991

    Édition : Le Livre de Poche

    Nombre de pages : 318

     

     

     

    Résumé de la quatrième de couverture

     

    Lorsqu'on emploie les mots « manichéen » ou « manichéisme » on songe rarement à Mani, peintre, médecin et philosophe oriental du IIIe siècle, que les Chinois nommaient « le Bouddha de lumière » et les Égyptiens « l'apôtre de Jésus ».

    Bien loin des jugements tranchés et sans appel auxquels on l'associe, sa philosophie tolérante et humaniste visa à concilier les religions de son temps. Elle lui valut les persécutions, le supplice, la haine. Mille ans après, l'accusation de manichéisme conduisait encore les Albigeois au bûcher …

    Nul mieux que l'auteur [Amin Maalouf] de Léon l'Africain et de Samarcande (prix des Maisons de la Presse 1988), né dans un Liban déchiré par les fanatismes, ne pouvait raconter l'aventure de cette existence.

     

     

    Critique

    Quel joyau que ce roman de l'Académicien Amin Maalouf, qui à l'époque de la publication ne l'était pas encore ! Les Jardins de Lumière est une œuvre à la jonction de la poésie et de la philosophie, de la spiritualité et du documentaire ; cette œuvre hybride nous en apprend autant sur Mani, personnage phare de l'Antiquité orientale dont les seules traces qui subsistent aujourd'hui sont les mots manichéisme et manichéen, que sur notre monde et sur nous-mêmes. Ode à la paix et l'harmonie entre les religions et les peuples, la philosophie de Mani nous est présentée en même temps que nous est dépeinte sa vie, semée de drames, de séparations, d'errances mais également d'immenses réussites et d'amitiés inébranlables, un destin exceptionnel étrangement similaire à celui du Christ décrit dans la Bible et les Évangiles. Dans un décor digne des Mille et une Nuits ou d'un roman de Christian Jacq, Amin Maalouf nous fait voyager avec Mani sur les routes de l'Orient et de l'esprit, et nous apprend, à chacun de nous, à accepter notre part d'ombre et de lumière, dans le respect de l'autre et de la différence.

     

     

    Citations

     

    « C'est en patience que se conçoit l'ébranlement du monde. » [Première partie « La palmeraie des Vêtements-Blancs », chapitre VI]

     

    « … aux commencements de l'univers, deux mondes existaient, séparés l'un de l'autre : le monde de la Lumière et celui des Ténèbres. Dans les Jardins de Lumière étaient toutes les choses désirables, dans les ténèbres résidait le désir, un désir puissant, impérieux, rugissant. Et soudain, à la frontière des deux mondes, un choc se produisit, le plus violent et le plus terrifiant que l'univers ait connu. Les particules de Lumière se sont alors mêlées aux Ténèbres, de mille façons différentes, et c'est ainsi que sont apparus toutes les créatures, les corps célestes et les eaux, et la nature et l'homme […] En tout être comme en toute chose se côtoient et s'imbriquent Lumière et Ténèbres. Dans une datte que vous croquez, la chair nourrit votre corps, mais le goût suave et le parfum et la couleur nourrissent votre esprit. La Lumière qui est en vous se nourrit de beauté et de connaissance, songez à la nourrir sans arrêt, ne vous contentez pas de gaver le corps. Vos sens sont conçus pour recueillir la beauté, pour la toucher, la respirer, la goûter, l'écouter, la contempler. » [Deuxième partie « Du Tigre à l'Indus », chapitre I]

     

    « Les hommes croient adorer la divinité, alors qu'ils n'en ont jamais connu que des représentations, représentations en bois, en or, en albâtre, en peinture, en mots, en idées.

    - Et ceux qui ne reconnaissent aucun Dieu ?

     

    - Celui qui refuse de voir Dieu dans les images qu'on lui présente est parfois plus proche qu'un autre de la vraie image de Dieu. » [Deuxième partie « Du Tigre à l'Indus », chapitre VI]

      

    « - Pourrais-je au moins savoir si je dispose de sept années encore, si j'atteindrai l'âge du Christ et d'Alexandre ?

     

    - Tu as l'éternité et l'instant, quelle importance? » [Troisième partie « Au voisinage des rois », chapitre II]

     

    « Ses habits dessinent les contours de mon royaume vagabond. » [Troisième partie « Au voisinage des rois », chapitre III]

      

    « Les Jardins de Lumière appartiennent à ceux qui ont vécu détachés. » [Troisième partie « Au voisinage des rois », chapitre VI »

     

    Guéric 


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  • "J'ai créé ce blog alors que je n'étais encore qu'au collège. Depuis lui et moi avons bien grandi. Après 2 ans de prépa littéraire, je suis maintenant étudiante en anglais à Lyon. Mon amour de la littérature et du cinéma se mêle régulièrement avec mon penchant pour la culture anglophone mais je ne délaisse pas nos bijoux français pour autant. J'avoue surtout guider mes publications au fil de mes envies, sans autre prétention que de partager mes coups de coeur avec d'autres lecteurs!"

    Charlotte, notre benjamine inspirée.


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    Boys (Jonas) de Christophe Charrier

    Titre : Boys (Jonas)

     

    Réalisateur : Christophe Charrier (1er film)

     

    Date de sortie : 23 novembre 2018 (téléfilm diffusé sur Arte)

     

    Durée : 1h30

     

    Note : 3/5

     

     

     

    Résumé

     

     

     

    1997. Jonas, 16 ans, timide et solitaire, étudie au lycée, joue à la Game Boy, va au cinéma, connaît son premier amour … et vit un traumatisme qui le marquera profondément. La trentaine passée, Jonas est devenu un homme impulsif et toujours aussi peu bavard ; sa vie est au point mort, familialement, amoureusement, professionnellement. Les fantômes du passé continuent de le hanter et de le paralyser. Mais qu'a-t-il pu se passer en cette soirée d'été de 1997 ? Jonas va-t-il enfin pouvoir affronter ces fantômes qui le hantent depuis ses 16 ans ?

     

     

     

    Critique

     

     

     

    Tout d'abord, il faut saluer la qualité de ce téléfilm qui mériterait largement d'être projeté en salles. Pour une première réalisation, Christophe Charrier fait preuve d'une grande qualité technique et scénaristique. Et quel plaisir de retrouver Félix Maritaud que l'on avait déjà vu exceller dans Sauvage de Camille Vidal-Naquet et 120 battements par minute de Robin Campillo ! L'acteur est une fois de plus très habile dans l'appropriation de rôles à la fois sensuels et tourmentés. Enfin, pour ma part, belle découverte que celle du jeune Nicolas Bauwens, qui incarne Jonas adolescent. Enfin, je ne mettrai pas de côté les rôles féminins, les mères interprétées avec douceur et profondeur par Aure Atika et Marie Denarnaud.

     

    Le film alterne avec équilibre les scènes qui se passent en 1997 et celles ayant lieu à l'époque actuelle, même si la date exacte reste floue – en effet, le traumatisme de Jonas est tel qu'il en a perdu la notion du temps, jusqu'au nombre d'années qui se sont écoulées depuis le drame. Cette alternance des époques entretient d'abord un certain suspense qui nous maintient en haleine jusqu'à la dernière partie du film. Sans tomber dans le polar, le film happe tout de même le spectateur dans cette recherche de la vérité, que seul Jonas connaît, que Jonas garde pour lui seul. L'alternance avec ce qu'on pourrait qualifier de flash-backs rend également un contraste par rapport aux accessoires et aux objets – ce sont eux les vrais marqueurs de temps et d'époque. La mort de Lady Diana, les vieilles Game Boy, l'apogée de la cigarette avant les interdictions de fumer dans les lieux publics s'opposent à une époque caractérisée par les réseaux sociaux, les applications de rencontre et où pourtant les gens se fuient, et fuient le langage.

     

    C'est un point fort majeur du film : le langage et son impuissance. L'indicible du drame, de la perte, celle de Nathan mais aussi celle de cet homme âgé dont Jonas, brancardier, est chargé d'annoncer la mort à sa femme. L'indicible du désir homosexuel pour un jeune garçon qui se découvre et découvre les humiliations qu'on réserve aux « tapettes », l'indicible de ce désir fou qui mène parfois à la violence et à la séparation. L'indicible, enfin, de cette horrible vérité, la clé de tout problème et en même temps le problème de ce film : Comment la dire ? Pourquoi la dire ? À qui la dire ? Cette question du langage et de la parole est d'autant plus centrale que Jonas est un jeune homme très peu loquace, qui intériorise tout depuis le début et nous force à tout intérioriser, puisque les dialogues sont si rares : cette lumière chaude et lourde, ces jeux de regard, ces silences évocateurs, ce mélange de tension et de soulagement qui nous anime tout du long. Cette intériorisation étant facilitée par les vertus hautement significatrices et symboliques des objets, des lieux, des postures.

     

    Je demeure malgré tout un peu déçu, car après 1h30 de tribulations, j'ai l'impression que le film n'a presque rien résolu. On suit ce cheminement vers la vérité et vers le dévoilement des faits durant tout le film, et finalement il n'y a pas de dénouement complètement libérateur même si la parole de Jonas elle-même se libère, de nombreux doutes subsistent et beaucoup de questions ne sont pas élucidées. Je pense notamment que le rapport de Jonas à ses parents aurait pu être approfondi, de même que ce qui l'a mené à devenir brancardier (dont la réalité du métier ne nous est présentée que de manière brève) ou encore les fondements de sa relation avec son petit-ami au début du film. Je crois néanmoins que si le film avait élucidé tout cela, il n'aurait pas suffisamment braqué le projecteur sur ce qui, pour moi, reste le leitmotiv du film : la culpabilité, ses causes, ses conséquences, et comment la laisser s'installer annihile toute force de vie.

    Guéric.

     


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  • Dans les forêts de Sibérie, Sylvain Tesson

    Auteur : Sylvain Tesson
    Pays : France
    Genre : récit autobiographique, essai sur l’ermitage et la solitude, littérature de voyage
    Editeur : Gallimard
    Collection : Blanche
    Date de parution : 1er septembre 2011
    Prix, récompenses, distinctions : Prix Médicis 2011 essai


    Résumé :


    Lui est un aventurier moderne connu, qui puise dans ses aventures la matière de ses récits. Passionné de Russie, désabusé par une société fondée sur l’apparence et la consommation, il tente une expérience extrême et ultime, celle de séjourner en totale autonomie au bord du Lac BaÏkal en Sibérie orientale, avec pour ambition de cesser de nuire à la Planète. C’est un récit sur la solitude, sur l’ermitage, sur le renoncement, sur la lenteur, sur l’autosubsistance et une réflexion par extension sur la société dans laquelle nous évoluons, basée sur la consommation et la frénésie.
    Son livre retrace donc 6 mois passés seul dans cette isba en bois en Sibérie seul et privé de tout. Seule concession à la modernité, un panneau solaire fournissant l’électricité nécessaire à recharger son ordinateur portable ; du reste, il lui faut couper du bois pour se chauffer, pêcher dans le lac pour se nourrir (des ombles), chauffer l’eau pour se laver. Son récit oscille entre les descriptions de ce quotidien simple fait de patin à glace sur le lac gelé, d’observation des oiseaux et des phoques, de pêche, d’ascension des versant, de flâneries dans les bois et la neige, d’écoute de la nature, de travaux d’écriture, de lecture d’une part ; des réflexions qui l’animent sur le sens de cette retraite, sur les bienfaits de la solitude, sur les vertus de la sédentarité, sur l’impact écologique du genre humain sur la terre d’autre part. Il y a aussi quelques contacts avec les gardes forestiers du Lac et quelques autres forestiers environnants (personne à moins de 6 heures de marche), et à travers ces relations la découverte de la population Russe et de ce pays.


    Critique et réflexions personnelles sur ce livre :


    Je ne connaissais pas Sylvain Tesson en abordant cet ouvrage. Tombé par hasard chez ma libraire (Emmanuelle) sur L’ascension du Mont Blanc de Ludovic Escande, son amitié et ses références à Sylvain Tesson m’interpellent et me fascinent. Retour chez ma libraire, fan de Tesson, qui me propose « dans les Forêts de Sibérie ». Merci Emmanuelle !
    En soi, l’auteur est fascinant, c’est un aventurier moderne parcourant le globe à vélo, à pied ou à cheval, en totale autonomie, seul ou avec un ami, à travers des périples très exigeants physiquement et risqués (tour du Monde à Bicyclette avec Alexandre Poussin, 5000 km de traversée à pieds de l’Himalaya, traversée des steppes d’Asie à Cheval) qui a refusé le terne d’une vie bourgeoise à laquelle il était promis (mère médecin, père journaliste, région parisienne). C’est un peu la version française de Christopher McCandless d’Into the Wild, moins pessimiste, car l’homme aime la vie bien qu’elle lui soit semble parfois difficile à traverser.
    Diplômé de  hypokhâgne et khâgne, puis d’un DEA à l’IFP, Sylvain Tesson est très érudit. Son récit est jalonné de références littéraires extraites de ses nombreuses lectures (67 livres emportés) et son vocabulaire très riche et précis.


    Extraits, citations, moments choisis :

    « Les sociétés n’aiment pas les ermites. Elles ne leur pardonnent pas de fuir. Elles réprouvent la désinvolture du solitaire qui jette son « continuez sans moi » à la face des autres. Se retirer c’est prendre congé de ses semblables. L’ermite nie la vocation de la civilisation, en constitue la critique vivante. Il souille le contrat social. Comment accepter cet homme qui passe la ligne et s’accroche au premier vent ? » Sylvain Tesson
    « Réduit à moi seul, je me nourris, il est vrai, de ma propre substance, mais elle ne s’épuise pas ». Jean-Jacques Rousseau
    « Un monde obsédé par l’image se prive de goûter aux mystérieuses émanations de la vie. Aucun objectif photographique ne captera les réminiscences qu’un paysage déploie en nos cœurs. Et ce qu’un visage nous envoie d’ions négatifs ou d’invites impalpables, quel appareil le pourrait saisir ?. » Sylvain Tesson
    « Aujourd’hui je n’ai nui à aucun être vivant de cette planète. Ne pas nuire. Etrange que les anachorètes du désert n’avancent jamais ce beau souci dans les explications de leur retraite »
    « Je n’ai rien à voir avec ce système, pas même assez pour m’y opposer. » Walt Whitman
    « Mais vous savez, malgré toute ma volonté, la solitude est la chose la plus difficile à protéger » Michel Déon
    « En rétrécissant la panoplie des actions, on augmente la profondeur de chaque expérience. » Sylvain Tesson
    « Au début des récits de robinsonnade, le héros tente de s’échapper en construisant une embarcation. Il est persuadé que tout est possible, que le bonheur se situe derrière l’horizon. Rejeté une nouvelle fois sur le rivage, il comprend qu’il ne s’échappera pas et, apaisé, découvre que la limitation est source de joie. » Sylvain Tesson
    « Rien ne vaut la solitude. Pour être parfaitement heureux, il me manque quelqu’un à qui l’expliquer. » Sylvain Tesson
    « Je comprends pourquoi les hommes ont fait du chien son meilleur ami : c’est une pauvre bête dont la soumission n’a pas à être payée en retour. Une créature qui correspondait donc parfaitement à ce que l’homme est capable de donner. » Sylvain Tesson
    « Le paradis aurait dû se situer ici : une splendeur infaillible, pas de serpents, impossible de vivre nu et trop de choses à faire pour avoir le temps d’inventer un dieu. » Sylvain Tesson
    « L’état voit tout : dans la forêt on vit caché. L’état entend tout : la forêt est nef de silence. L’état contrôle tout : ici seuls prévalent les codes immémoriaux. L’Etat veut des êtres soumis, des cœurs secs dans des corps présentables : les taïgas ensauvagent les hommes et délient les âmes. » Sylvain Tesson
    « Comment peut-on préférer mettre les oiseaux dans la mire d’un fusil plutôt que dans le verre d’une jumelle ? » Sylvain Tesson
    « Les hommes qui ressentent douloureusement la fuite du temps ne supportent pas la sédentarité. En mouvement, ils s’apaisent. Le défilement de l’espace leur donne l’illusion du ralentissement du temps, leur vie prend l’allure d’une danse de Saint-Guy. Ils s’agitent. » Sylvain Tesson
    « La pluie a été inventée pou rque l’homme se sente heureux sous un toit. Les chiens sont sous l’auvent. Le cigare et la vodka, compagnons idéaux de ces moments de replu. Aux pauvres gens, aux solitaires, il ne reste que cela. Et les ligues hygiénistes voudraient faire interdire ces bienfaits ! Pour nous faire parvenir à la mort en bonne santé ? » Sylvain Tesson
    « La vie ne devrait être que cela : l’hommage rendu par l’adulte à ses rêves d’enfant. » Sylvain Tesson
    « Claude Levi-Strauss désignait comme des « vers à farine » les milliards d’humains entassés sur une sphère trop étroite et constatait que nous étions en train de nous intoxiquer. »
    « Seul le plus pur des cœurs peut devenir meurtrier à cause d’autrui. » Jim Harrisson
    « Les livres sont plus secourables que la psychanalyse. Ils disent tout, mieux que la vie. » Sylvain Tesson
    « Faut-il tuer Dieu mais se soumettre aux législateurs, ou bien vivre libre dans les bois en continuant à craindre les esprits ? » Sylvain Tesson
    « je considère mon avenir – un vaste avenir – comme une mer étale : aucun voeu n’en vient rider la face de l’eau. Je ne veux pour rien au monde que les choses deviennent autres que ce qu’elles sont : pour ma part je ne veux pas devenir autre. » Sylvain Tesson
    « D’où le rayonnement de ces gens qui posent sur le monde une vue libérée de toute référence. Les souvenirs de lecture n’interposent jamais leur écran entre ces êtres et la substance des choses. » Sylvain Tesson
    « Aujourd’hui, quand on rencontre quelqu’un, juste après la poignée de main et une regard furtif, on note les noms de sites et de blogs. La séance devant les écrans a remplacé la conversation. Après la rencontre, on ne conservera pas le souvenir des visages ou des timbres de voix mais on aura des cartes avec des numéros. La société a réussi son rêve : se frotter les antennes à l’image des fourmis. Un jour, on se contentera de se renifler. » Sylvain Tesson
    « Tout travaille à tout… Il y a entre les êtres et les choses des relations de prodige…Aucun penseur n’oserait dire que le parfum des aubépines est inutile aux constellations… » Sylvain Tesson
    «  Je me souviens de mes interventions dans les quartiers sensibles (…).Les petits gamins étaient très énergiques et me faisaient le plaisir de s’intéresser à ce que je racontais mais se moquaient de mon accoutrement, raillaient ma manière de parler.  Je retenais de ces rencontres qu’ils accordaient un prix immense à la reconnaissance vestimentaire, cultivaient l’esprit de quartier et le conformisme comportemental, aimaient les objets coûteux., développaient un souci maladif de l’apparence, croyaient à la loi des forts, ne nourrissaient pas beaucoup de curiosité pour l’autre et possédaient leur code de langage : les signes distinctif de l’esprit bourgeois. » Sylvain Tesson
    « ma mémoire est géographique. Elle retient mieux l’atmosphère et le génie des lieux que les visages et les conversations. » Sylvain Tesson
    « le défilé des heures est plus trépidant que l’abattage des kilomètres. L’œil ne se lasse jamais d’un spectacle de splendeur. Plus on connaît les choses, plus elles deviennent belle. (…). J’ai été libre car sans l’autre, la liberté ne connaît pas de limite. (…). J’ai appris à m’asseoir à une fenêtre. » Sylvain Tesson
    « La vie consiste à tenir le coup entre la mort des êtres chers. » Sylvain Tesson

     

    Article de Cyril.


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