• Le Grand Meaulnes, Alain-Fournier

     

    Titre : Le Grand Meaulnes 

    Auteur : Alain-Fournier (pseudonyme d’Henri-Alban Fournier, 1886-1914)

    Date de première publication : 1913

    Édition lue : Le Livre de Poche 

     

    Résumé 

     

    C’est une enfance bien normale et presque ennuyeuse qui vole en éclats quand débarque Augustin Meaulnes dans un petit village de Sologne. D’aventures secrètes en fugues spectaculaires, nous sommes pris dans un récit fou aux rebondissements multiples et où chaque revirement semble être une révolution. Mais il s’agit bien de deux garçons, leur amitié prise dans un mystère grandissant au fur et à mesure des chapitres. Suivre le grand Meaulnes, c’est accepter de partir à travers champs vers l’inconnu, l’inquiétant, l’âme libre et le coeur battant des tambours déchaînés. Lire Le Grand Meaulnes, c’est en réalité faire exactement la même chose.

     

     

    Citations 

     

    « De temps à autre, le vent chargé d’une buée qui est presque de la pluie nous mouille la figure et nous apporte la parole perdue d’un piano. Là-bas, dans la maison fermée, quelqu’un joue. Je m’arrête un instant pour écouter en silence. C’est d’abord comme une voix tremblante qui, de très loin, ose à peine chanter sa joie… C’est comme le rire d’une petite fille qui, dans sa chambre, a été chercher tous ses jouets et les répand devant son ami. Je pense aussi à la joie craintive encore d’une femme qui a été mettre une belle robe et qui vient la montrer et ne sait pas si elle plaira… Cet air que je ne connais pas, c’est aussi une prière, une supplication au bonheur de ne pas être trop cruel, un salut et comme un agenouillement devant le bonheur… »

    Livre III, Chapitre 7 « Le Jour des Noces »

     

    « Tandis que l’heure avance , que ce jour-là va bientôt finir et que déjà je le voudrais fini, il y a des hommes qui lui ont confié tout leur espoir, tout leur amour et leurs dernières forces. Il y a des hommes mourants, d’autres qui attendent une échéance, et qui voudraient que ce ne soit jamais demain. Il y en a d’autres pour qui demain pointera comme un remords. D’autres qui sont fatigués, et cette nuit ne sera jamais assez longue pour leur donner tout le repos qu’il faudrait. Et moi, moi qui ai perdu ma journée, de quel droit est-ce que j’ose appeler demain ? »

    Livre III, Chapitre 14 « Le secret »

     

    Guéric


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  • Mille femmes blanches, Jim Fergus

     

    Mille femmes blanches (1998)

    Jim Fergus

    494 pages


    Résumé :

    Afin de conclure d’une paix durable avec les indigènes du territoire, le gouvernement américain accepte un marché : échanger contre des troupeaux de bêtes, mille femmes américaines, afin de les faire se marier avec des hommes de peuples autochtones, et que de leur union naissent des enfants métisses afin de peupler l’Amérique d’une population tolérante des coutumes de ces populations. Nous suivons le destin incroyable d’une de ces femmes, au fil des lettres qu’elle écrit à sa soeur.


    Ma critique :


    Pour être honnête, je suis tombée sur cette pépite en tapant dans la barre de recherche de la Fnac : livre grandes plaines américaines. Je voulais un récit d’aventure, je voulais des descriptions de beaux paysages, des forêts de séquoias etc… Finalement ce livre est arrivé en première position. Et j’y ai vraiment trouvé mon bonheur.

    Le fait qui y est exploité est une histoire vraie, et l’héroïne du livre une véritable personne ayant vraiment vécu cela. Partant de là je n’ai pas pu m’arrêter de le lire, pour avoir le fin mot de l’histoire.

    L’écriture est de plus extrêmement qualitative. La traduction respecte sans doute le degrés de langage qui était employé au XIXème siècle, ce qui change des lectures auxquelles je me confronte habituellement, mais qui me fait le plus grand bien. L’histoire est racontée à la première personne, ce qui permet une immersion totale dans cette histoire, dans ces paysages incroyables, dans cette Amérique d’une autre époque. Ce livre est également passionnant en terme de civilisation américaine. Les personnages sont tous emblématiques de la société de cette époque, nous en apprenons également beaucoup sur les lois et les règles en vigueur à ce moment, ce qui personnellement m’intéresse énormément !

    Bref, un voyage passionnant et plein de rebondissement. Je recommande à 100% !

     


    Pauline


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  • A la barre avec Eric Dupond-Moretti

     

    A la barre d'Eric Dupond-Moretti

    Théâtre de la Madeleine, Paris

    Jusqu’au 24/02/19 et du 24 au 28 septembre 2019

    Disponible en livre

     


    Résumé :

    Eric Dupond-Moretti, figure du droit français, se raconte. Celui que l’on surnomme Aquitator commence en effet par nous narrer sa vie. Le pourquoi du comment il en est arrivé là, son enfance, les injustices qui l’on poussé à donner sa voix aux criminels, ses premiers flirts et ses mentors.

    Il ne se prive pas non plus de nous livrer son point de vue sur la société actuelle.

     


    Ma critique :

    J’ai vu cette pièce au théâtre de la Madeleine, et je l’ai vraiment adorée. C’est déjà assez exceptionnel de voir un homme tel qu’Eric Dupond-Moretti dans un autre cadre que celui dans lequel il excelle, c’est-à-dire le droit. Le voir en vrai, et surtout l’entendre en vrai, est très fascinant. J’ai l’ai trouvé déjà plein d’humour. En effet, pour une première fois sur les planches, j’ai trouvé que son jeu d’acteur était très au point. C’est aussi intéressant dans le contenu, d’avoir le point de vue de quelqu’un qui traite des faits, très médiatisés, de l’intérieur. Pour ceux qui l’ignorent Eric Dupond-Moretti a défendu Abdelkader Merah, le frère du terroriste Mohamed Merah. Durant cette pièce vous aurez l’occasion d’entendre une partie de la plaidoirie qu’Eric Dupond-Moretti a tenu lors de son procès.

    Il nous livre ses raisons qui le poussent à défendre l’indéfendable, ses astuces pour faire flancher un jury, ses “tiroirs“ (= phrases toutes faites employés systématiquement par un avocat, qui constitue sa marque de fabrique), de manière très décomplexée.

    Mais l’écriture le mène plus loin dans son introspection. En effet, pour le plus grand bonheur du public, l’acteur ne se privera pas de commenter l’actualité, du point de vue de l’homme de loi qu’il est. Les actes antisémites qui sévissent sur le territoire français en ce moment prennent au fil de ses mots une tout autre dimension. Dieudonné, Eric Zemmour, Benalla, bref. Visiblement, il n’a pas peur de faire polémique.

    J’ai été très impressionnée par le recul qu’il parvient à prendre sur la société d’aujourd’hui, mais surtout par sa capacité à être particulièrement détaché de la critique et du politiquement correct. Rapidement il a allumé une cigarette sur scène. Malgré l’interdiction légale de le faire. Mais sans aucune gêne.

    Je vous recommande vivement de vous déplacer pour aller voir cette pièce, très riche et enrichissante !

     


    Pauline


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  • Etreintes brisées de Pedro Almodóvar (2009)
    Avec Penélope Cruz et Lluis Homar
    Durée : 02h09

     

    Etreintes brisées, Pedro Almodovar

     


    Synopsis (Allociné) :


    Dans l'obscurité, un homme écrit, vit et aime. Quatorze ans auparavant, il a eu un violent accident de voiture, dans lequel il n'a pas seulement perdu la vue mais où est morte Lena, la femme de sa vie.
    Cet homme a deux noms : Harry Caine, pseudonyme ludique sous lequel il signe ses travaux littéraires, ses récits et scénarios ; et Mateo Blanco, qui est son nom de baptême, sous lequel il vit et signe les films qu'il dirige. Après l'accident, Mateo Blanco devient son pseudonyme, Harry Caine. Dans la mesure où il ne peut plus diriger de films, il préfère survivre avec l'idée que Mateo Blanco est mort avec Lena, la femme qu'il aimait, dans l'accident.

     

    Mon avis :


    Quatorze ans après son tragique accident, le passé refait surface et pousse Mateo Blanco (alias Harry Caine) à se replonger dans son histoire, à la raconter et à en découvrir de nouvelles parcelles.
    Etreintes brisées, c'est la passion qui transcende tout, qui dévore et détruit, c'est l'amour qui transforme pour toujours, des secrets enfouis profondément, le silence qui brûle les lèvres et la vérité qui éclate. C’est un film qui réunit des éléments chers au réalisateur : une situation familiale complexe et bancale, des amours tragiques, des personnages forts, courageux, hauts en couleur, qui semblent porter le monde sur leurs épaules et qui finissent par dévoiler tout ce qu'ils gardent en eux depuis trop longtemps. L’accent est mis, comme souvent avec Almodóvar, sur les femmes, qui sont fascinantes et d’une grande complexité.
    La chronologie se trouve par ailleurs totalement ruinée dans ce film : les flashbacks se mêlent au présent, le spectateur fait des allers et retours dans le temps et doit patienter un moment avant de reconstituer l'histoire dans sa totalité. On attend, à la merci des personnages qui choisissent de raconter ou non, qui créent eux-mêmes le suspense. Et on se prend au jeu, on aime ça.
    Etreintes brisées nous emporte dans des histoires sombres mêlant étroitement trahisons et fatalité qui ne nous laissent finalement pas indemnes. Un film fort et mémorable !

     

    Jeanne


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  • Call me by your name de Luca Guadagnino (2018)
    Avec Armie Hammer et Timothée Chalamet

    Durée : 2h11

     

    Call Me By Your Name, Luca Guadagnino

     

    Synopsis 


    Elio a dix-sept ans et il passe l'été avec sa famille dans une villa en Italie. Ses journées sont rythmées par la musique qu'il joue, les livres qu'il lit, les baignades dans la rivière et les promenades à vélo, ses flirts aussi. Mais Oliver, étudiant américain venu étudier auprès du père d'Elio, arrive et chamboule la tranquillité du quotidien. Les deux hommes construisent peu à peu des liens d'une grande force, et développent une passion violente l'un pour l'autre...

     

    Mon avis


    Call me by your name, c'est une atmosphère qui nous marque et nous colle à la peau pendant des jours : le soleil qui brille et dont on peut presque sentir la chaleur caresser nos joues, la douceur de l'ombre des arbres dans le jardin et le bruit de l'eau qui coule, la beauté de l'amour qui se forme peu à peu, tout doucement, du bout des doigts, jusqu'à nous emporter tout entier. En sortant de la salle, j'ai eu envie de partir en vacances en Italie, de profiter de chaque précieuse seconde que la vie nous offre et d'aimer de toutes mes forces.
    Et puis, comment ne pas évoquer la bande originale du film composée de morceaux de musique classique qui donnent une dimension tout à fait poétique et atemporelle à l'oeuvre ? Comment ne pas parler du génie du réalisateur qui parvient à rendre le corps des hommes absolument fascinant et envoûtant ? Alors que la muse est traditionnellement une femme, on nous fait voir ici toute la beauté des attributs masculins dès les premières minutes du film, et accomplir un tel renversement est vraiment bien joué.
    Call me by your name, ce n'est pas un film sur l'homosexualité, c'est un film sur l'amour, un film qui nous emporte au rythme de la passion violente qui existe entre deux hommes mais sur laquelle on ne pose jamais de jugement, qu'on ne cherche jamais à expliquer ni à justifier. Je suis reconnaissante pour cela aussi.
    Un chef-d'œuvre et un coup de cœur.

     

    Jeanne


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