• Une Vie, Simone Veil

    Une Vie, Simone Veil

     

    Titre : Une Vie (autobiographie)

    Auteur : Simone Veil (1927-2017)

    Date de publication : 2007

    Édition lue : Le Livre de Poche 

     

    Résumé 

     

    Simone Veil se raconte sur le papier, de son enfance niçoise à l’expérience des camps, des intrigues gouvernementales aux hautes sphères de la Loi et de l’Europe, le tout entre soif de liberté, vie de famille et réflexions sur les évolutions de la société. 

     

    Critique 

     

    J’ai rarement été confronté à des lectures autobiographiques. Elles m’ont toujours semblé difficiles non seulement à écrire (qu’il est dur de bien savoir se dire !) mais également à lire, car dans mon ignorance je pensais qu’il y avait du déplaisir à parcourir les simples faits d’une vie. Mais la vie de Simone Veil n’est pas simple, et Une vie a achevé de me réconcilier avec l’autobiographie. Une plume juste et mesurée narre les atrocités de la guerre et des camps aussi bien que les joies de l’enfance, le tourbillon étourdissant de la vie ministérielle et les propres ambitions de cette grande dame : la reconstruction et l’émancipation. Son expérience et son avis, parfois tranché, toujours posé, sur le système, l’Histoire, la société, les grands tournants des dernières décennies françaises, donnent à ses mots une teinte grave aux accents de vérité, non moins dénuée de poésie et de qualité littéraire qui justifient d’autant plus sa place à l’Académie française d’abord, au Panthéon ensuite, dans nos coeurs enfin.

     

    Citations 

     

    « (…) Voilà quelques exemples de ce que les déportés ont pu subir, dans les années qui ont suivi leur retour. Pendant longtemps, ils ont dérangé. Beaucoup de nos compatriotes voulaient à tout prix oublier ce à quoi nous ne pouvions nous arracher ; ce qui, en nous, est gravé à vie. Nous souhaitions parler, et on ne voulait pas nous écouter. C’est ce que j’ai senti dès notre retour, à Milou et à moi : personne ne s’intéressait à ce que nous avions vécu. En revanche, Denise, rentrée un peu avant nous avec l’auréole de la Résistance, était invitée à faire des conférences. »

    Chapitre III, « L’enfer »

     

    « Je me suis du reste demandé, à l’époque, si les hommes n’étaient pas, en fin de compte, plus hostiles à la contraception qu’à l’avortement. La contraception consacre la liberté des femmes et la maîtrise qu’elles ont de leur corps, dont elle dépossède ainsi les hommes. Elle remet donc en cause des mentalités ancestrales. L’avortement, en revanche, ne soustrait pas les femmes à l’autorité des hommes, mais les meurtrit. »

    Chapitre VI, « Au gouvernement »

     

    « Dans notre système, le Président est d’abord un homme seul. Rien ne l’incite au dialogue. Aussi longtemps qu’il est en place, il n’est remis en cause par rien ni personne. Évoluant dans un milieu aseptisé et de plus en plus artificiel, il n’échange qu’avec ses pairs, une poignée de journalistes et une noria de hauts fonctionnaires nommés en vertu d’un pouvoir qui connaît, en France, une ampleur dont nul autre pays n’offre l’exemple. Le chef de l’État y place en effet un nombre considérable de personnes. Celles-ci deviennent autant d’obligés et contribuent à ce phénomène de cour que chacun a pu observer autour des présidents successifs de la Ve République. »

    Chapitre VI, « Au gouvernement »

     

    Guéric


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